Dans la lignée du béton de chanvre, le groupe de travail La Guilde Sable Vert a révélé en mars 2024 le résultat de trois années de recherche afin de proposer un cadre normatif à la réalisation de bétons de granulats végétaux. Classifiant les différents types de granulats – de la balle de riz de Camargue à la moelle de tournesol –, le groupe a testé une dizaine de végétaux pour composer, à terme, de nouveaux bétons. En s’appuyant sur l’état de l’art de la filière chanvre, le groupe cherche à étendre la méthodologie qui lui a permis d’être encadrée et de se développer. La définition des termes, le consensus des acteurs et la mise en place d’une commission de prénormalisation ont déjà permis de rédiger et de valider une prénorme.

Matériau simple, dans sa composition, dans sa mise en œuvre et dans son entretien, le béton de chanvre est, rappelons-le, un mélange de chènevotte (partie ligneuse du chanvre) et de chaux. Polyvalent, il s’emploie autant en filière sèche qu’humide. Mélangé à de la chaux aérienne, on l’utilise comme brique et, mélangé à l’eau, il se projette.

Grâce à ses propriétés naturelles, le béton de chanvre respire. Il dispose de bonnes capacités hygrométriques et isolantes, mais aussi de qualités de résistance au feu, de répulsion et d’une longue durée de vie. Initiée par une coopérative du département de l’Aube, La Chanvrière, la filière du chanvre français est la plus développée d’Europe. Dès 1996, c’est également dans cette coopérative de l’Aube qu’est développé le béton de chanvre. Très structurée, la filière repose sur un réseau de coopératives agricoles qui récupère et transforme la matière avant de l’envoyer dans les entreprises qui en font le matériau de construction. Filière complète, le béton de chanvre a cependant été reconnu comme matériau de construction seulement quinze ans après sa mise au point, notamment avec la publication dans les années 2010 de documents techniques agréés.

 

Cartes d’identité

En appliquant à d’autres végétaux le protocole élaboré pour le chanvre, La Guilde Sable Vert, soutenue par l’Ademe mais aussi par les cimentiers Sika et Vicat, souhaite accélérer l’accès au cadre normatif des bétons végétaux. Pendant trois ans, à Rouen, Strasbourg et Lyon, trois laboratoires ont testé de manière protocolaire différents granulats afin de déterminer leur éventuelle adaptation au béton végétal. Les tests ont été  (...)

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