Comparée au pisé ou aux adobes qui ont fait l’objet de nombreuses recherches et applications en région toulousaine et en Rhône-Alpes, la bauge traditionnelle faisait jusqu’alors figure d’oubliée de l’écoconstruction. Initié en 2017, le projet franco-britannique CobBauge entend élargir le corpus de connaissances acquises sur la construction en terre grâce à deux prototypes tout juste édifiés de part et d’autre de la Manche. À l’aide de capteurs et d’une station météo, les bâtiments construits à partir de mélanges spéciaux de bauge allégée et de bauge structurelle feront l’objet d’analyses jusqu’en 2023. À terme, l’idée est de moderniser et d’adapter cette technique aux contraintes de la réglementation thermique actuelle et, par la même occasion, de servir à la restauration d’un important patrimoine rural.
« Pour mémoire, la technique traditionnelle de la bauge est un mélange de terre, de fibre naturelle et d’eau, malaxé à pied d’homme ou d’animal, puis monté sans coffrage à la fourche, rappelle François Streiff, architecte du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. (...) (...)