La pédagogie
Le Campus Mana est soutenu par le ministère
de la Culture et la Région Bourgogne-Franche-Comté, l’Institut national des
métiers d’art (INMA) et les Journées européennes des métiers d’art (JEMA), et
il est certifié Qualiopi. Deux types de formations y sont proposés :
« Découvrir des savoir-faire », qui s’adresse à tous les publics
désireux d’élargir leurs champs de compétences autour des métiers d’arts, ainsi
que « Design, Architecture et Art », qui s’adressent aux
professionnels avec minimum cinq ans d’expérience (à justifier par l’envoi d’un
portfolio). Ce format réunit un créateur de renom et un artisan expert autour
d’une problématique. Une formule qui permet aux futurs apprenants de partager
collectivement leurs expériences, d’acquérir une méthodologie créative et de
structurer leurs imaginaires. Après quelques formations délivrées en 2023 – dont
deux présentées ici –, un nouveau programme débutera en avril avec, entre
autres, « L’architecture dans un contexte de climats extrêmes ? »,
formation animée par les architectes Jacob+MacFarlane, « Les façades
bio-inspirées », animée par l’architecte-ingénieur Estelle Cruz, membre de
l’équipe Ceebios, et « Du détail à l’utopie », animée par le designer
graphique Ruedi Baur.
« Temps, vitesse, cadence, lenteur »
Le workshop d’octobre 2023 animé par le designer Erwan Bouroullec questionnait le critère fondamental du
temps dans la production d’objets manufacturés, la notion de vitesse, mais
aussi la cadence de production sans l’opposer à la lenteur. Durant dix jours, le
designer a proposé de partager une expérience immersive et spéculative où
l’ultra-vitesse était remplacée par l’observation. On
y a collecté des expériences et élaboré des hypothèses. De cette
première étape de réflexion, les huit apprenants accompagnés du designer et de Tristan Colafrancesco, expert métal, ont réalisé
en atelier trois projets de tailles diverses,
monumentales ou plus petites, une réponse collective en l’état sur un
instant T. La finalité de ces dix jours de workshop sera éditée dans un
livre, en cours de réalisation avec les MaNaïstes.
<www.bouroullec.com>
« Habiter la fenêtre »
Animé en septembre
dernier par l’architecte Jacques Ferrier, son assistant le docteur Clémentin
Rachet et le maître d’atelier ébéniste Mathieu Luzurier, le workshop « Habiter
la fenêtre » proposait aux futurs apprenants de repartir de zéro et de s’ouvrir
à de multiples possibles, dans une pratique transversale et sans dissocier le
geste de la pensée. Après une première semaine de réflexion, de conférences et
de débats sur le désir d’usage, la liberté d’appropriation et les performances
écologiques, le projet a pris la forme d’une fenêtre concept. L’équipe des six
jeunes professionnels en formation s’est attelée à sa construction à l’échelle 1,
dans l’atelier bois de 400 m2. Côté intérieur, la fenêtre se transforme
en table, chaise… Côté extérieur, la fenêtre se projette par un bow-window et un balcon vivant, au garde-corps réalisé avec des bois glanés dans la forêt voisine,
réceptacle de l’eau de pluie, support de plantations et nid pour la
biodiversité. Un rideau de laine Lelièvre assure un rôle visuel et thermique. « Le
résultat de ces deux semaines montre tous les possibles qui s’ouvrent quand on
s’approprie la technique et que l’on considère la fenêtre non pas comme un
objet de série mais comme un lieu, un seuil entre l’intime et le paysage qui
offre de multiples façons de l’habiter au quotidien », selon Jacques
Ferrier. L’architecte reviendra en septembre 2024 pour un nouvel atelier sur
le thème de « La porte et le seuil ».



