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Ou comment réhabiliter une vaste friche militaire en l'occupant partiellement avec un programme culturel considéré comme un condensateur de vie sociale et urbaine. Le Fonds régional d'art contemporain de Basse-Normandie trouvera son nouvel emplacement à proximité de l'abbaye aux Hommes, dans un quartier relativement préservé des bombardements de la dernière guerre mondiale qui ont détruit la ville à presque 70 %. Il occupera un ancien couvent des visitandines construit au XVIIe siècle et inscrit dans un vaste terrain appartenant à la municipalité : le quartier Lorge.  L'enclave, abandonnée par les militaires, est toujours délimitée par un mur d'enceinte dissuasif qui renferme d'autres constructions intéressantes, actuellement sans affectation, notamment des écuries monumentales et leurs annexes. La localisation du nouvel équipement à cet emplacement, non loin de l'Artothèque, du Conservatoire et du Centre chorégraphique, s'inscrit dans une stratégie de revitalisation des abords du centre historique. Cette stratégie permet à la ville de contrebalancer le relatif suréquipement de la presqu'île de Caen, une friche industrielle longue de plusieurs kilomètres qui descend à l'ouest vers la mer et qu'il est prévu d'urbaniser en priorité. Sur ce site sont attendus, après le ratage de l'École d'art et de la Salle des musiques actuelles : la Bibliothèque multimédia à vocation régionale dessinée par Rem Koolhaas et le futur tribunal de grande instance conçu par l'atelier Christian Hauvette.

Le programme demandait aux différentes équipes en compétition de concevoir un lieu facilement identifiable. Une structure d'accueil comprenant des salles de collections permanentes et d'expositions temporaires, des réserves et leurs locaux de maintenance, ainsi que des espaces pédagogiques. La vocation d'un FRAC étant de servir de médiateur : d'acquérir des œuvres pour soutenir la création contemporaine afin de constituer une collection régionale. Et de mener une politique d'initiation à l'art auprès du public le plus large en diffusant et en promouvant ce fonds, en prêtant ses acquisitions et en organisant des manifestations.

Il s'agissait aussi de proposer une structure ouverte, capable de servir de base à la réhabilitation de l'ensemble de ce quartier en jachère. C'était enfin l'occasion de régler un problème majeur : réduire la différence de niveau, soulignée par un mur de soutènement, qui ferme à l'ouest la cour ouverte en U du cloître des visitandines et coupe le bâtiment de la vaste esplanade plantée et de ses constructions désertée qui se déploient plus haut.

Les candidats ont abordé la question de quatre manières radicalement différentes : un travail sur le sol permettant à l'institution culturelle de rayonner efficacement sur l'ensemble du site ; l'édification d'un objet eucharistique complétant le grand corps blessé du cloître, en deuil de son église et de sa coupole ; un vaste volume placentaire venant alimenter l'édifice existant réaffecté ; une divagation sur les parcours et les passerelles. (...)

Lauréat :

Rudy Ricciotti

Finalistes :

Robbrecht & Daem
Chartier & Corbasson
Lipsky & Rollet

Composition du jury :

- Président du jury : Philippe Duron
- Élus de la ville de Caen : Pascale CAUCHY, Samia CHEHAB, Corinne FERET, Serge Lemonnier, Marie-Jeanne GOBERT, Jean-Louis TOUZE, Catherine PRADAL
- Représentants des financeurs : David GUIFFARD, Isabelle LABICHE-MITTENDORF
- Personnalités qualifiées : Sylvie FROUX, Michel ENRICI
- Représentants des maîtres d'œuvre : Vincent SABATIER, Francesco MARTINEZ (OMA), François FRESSOZ (Café Programmation), Dominique LAPRIE-SENTENAC, Carine MERLINO
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