Copyright : © DR

Le pont est-il simplement une structure ou bien est-il un lien qui met en relation, au-delà des rives, des espaces spécifiques et même parfois des notions très abstraites. C'est la question que l'on pourrait se poser en analysant attentivement les projets des différentes équipes en compétition pour la création de ce nouvel ouvrage d'art lancé sur la Garonne, au sud de l'agglomération bordelaise.

La Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) a lancé en juin 2011 un concours d'architecture et d'ingénierie pour relier les deux rives de la Garonne en amont du centre-ville. Le futur pont Jean-Jacques Bosch fermera la boucle des boulevards qui ceinturent la ville, franchira le fleuve à Bègles et rejoindra Floirac sur la rive opposée.



Le pont et la place : OMA, WSP Finland M. Desvigne Paysagiste (lauréats)

Le projet de Clément Blanchet et de Rem Koolhaas frappe par son étonnante simplicité. La largeur du tablier, déjà importante, a été multipliée par deux pour permettre le déploiement d'une vaste allée uniforme. Le vocabulaire héroïque du pont avec ses piles et ses arches ou ses mâts et ses haubans a été ici volontairement banni : une attitude compréhensible de la part d'une agence où l'ingénieur est plus souvent convoqué pour brouiller les pistes et provoquer la stupéfaction que pour rendre la structure lisible et donner des leçons de construction.


Le passage et le toit : D. Feichtinger Architectes, SBP GMBH, VOGT Landscape

Comme celui d'OMA, le pont de l'équipe réunie autour de Dietmar Feichtinger cherche à s'ouvrir au maximum aux possibles, en postulant à la création de nouveaux rituels. Mais contrairement au premier, la structure est revendiquée de manière militante pour déterminer des espaces architecturaux aptes à accueillir et à favoriser ces nouveaux usages.


Le dedans et le dehors : RFR, TVK, BAS SMET, IOA, INGETEC

Ce projet cherche lui aussi à répondre à la problématique du pont urbain en imaginant une structure capable de générer des espaces fortement architecturés. Ici ce n'est pas une poutre fuselée, mais des béquilles qui jaillissent de l'eau et se penchent vers l'intérieur, tirées par un câble en traction.


La berge et le coteau : M. Mimram Architecture & Ingénierie, MAP Paysagiste

L'intervention de Marc Mimram cherche à réunir deux fragments irréconciliés du territoire. Au sud, le chapelet d'espaces boisés de différentes natures qui se disséminent le long de la rive gauche. Au nord, les contreforts plantés du coteau qui domine la rive droite.


La main et l'œil : SETEC TPI, Atelier M. Barani, F. Navarro

Marc Barani a analysé le site en architecte, c'est-à-dire en termes de dimensionnement. Son approche s'est
focalisée sur l'absence de construit haut et dense des deux rives ainsi que sur l’hiatus entre les deux échelles en jeu dans ce type d'ouvrage : celle de la main qui s'accroche et arrime le corps pour l'empêcher de sombrer et celle de l'oeil qui voit et qui appréhende le territoire.

ImageImageImageImageImageImage