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Pour admirer une des réalisations majeures de l'architecte Henri Ciriani, il suffisait il y a peu de temps de se rendre au musée archéologique d'Arles, où l'on pouvait voir un bâtiment bleu en forme de triangle isocèle. Aujourd'hui, cette œuvre a été transformée par l'extension de 800 m² conçue en interne (pour 6 millions d'euros), sans aucune consultation préalable d'architectes. Ce sont en effet deux architectes salariés du département qui sont intervenus sur l'extension: Gérard Lafont, qui était jusqu'à peu directeur général adjoint de la construction, de l'environnement, de l'éducation et du patrimoine, et Jean-François Hérelle, responsable de l'Atelier départemental de maîtrise d'œuvre.

N'ayant pas été consulté – ni même prévenu, alors même que son projet initial prévoyait la possibilité d'une extension, l'architecte péruvien a donc attaqué en justice le Conseil général des Bouches-du-Rhône, maître d'ouvrage, via l'ordre des architectes. Par le jugement en date du 17 janvier 2013 le Conseil général des Bouches-du-Rhône a ainsi été condamné à verser 30 000€ de dommages et intérêts (auquel s'ajoutent 3000€ de remboursement de frais de justice) à l'architecte. Bien que le tribunal ait débouté l'architecte sur sa demande de remise en état, il a cependant épinglé le Conseil Général pour sa grande « négligence » : « l'extension du musée entreprise par le département des Bouches-du-Rhône a été effectuée sans accord et sans la participation de M. Ciriani. Si la volonté d'évincer M. Ciriani du projet d'extension n'est nullement établie, par contre il est certain que le Conseil général a fait preuve d'une grande négligence dans ses recherches lui permettant d'associer l'auteur de l'œuvre originelle aux travaux de modification. Cette négligence a eu pour conséquence directe d'empêcher l'auteur de faire valoir ses droits moraux sur l'œuvre en participant ou pour le moins en faisant connaître son avis sur les modifications envisagées ».

Il semblerait que Henri Ciriani ait décidé de faire appel du jugement pour obtenir la remise en état de son bâtiment originel. En tout cas, le jugement amorce la voie vers une reconnaissance d'un droit d'auteur moral d'un architecte sur son œuvre, ce qui ne manquera pas de susciter le débat.


Pour en savoir plus : http://ciriani-en-arles.blogspot.fr/


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