Le flagship d’une grande marque de haute couture dont il ne s’agissait que de concevoir l’enveloppe peut paradoxalement être le prétexte à un exercice critique. Il a permis à Christian de Portzamparc de revenir sur l’un des éléments essentiels de l’architecture et de remonter aux sources de la discipline, à la manière de l’Abbé Laugier et de sa hutte primitive…


La rue du Rhône est un canyon étroit creusé à l’intérieur de la ville historique et parallèle à la rive gauche du fleuve et du lac Léman. Elle est bordée de hauts immeubles modernes sobres et épurés qui abritent les sièges sociaux des banques ainsi que des boutiques de luxe où s’exposent montres, chocolats et haute couture… C’est le long de cette voie, à l’angle de la rue Robert-Céard qui descend vers la berge, que se dresse la nouvelle boutique Dior, une construction carrée de six étages accueillant différents espaces de vente et des salons d’essayage.

Christian de Portzamparc a réutilisé le vocabulaire qu’il avait défini pour le flagship de la marque à Séoul en 2016. Dressé le long d’une grande artère à six voies, il se compose de grandes coques en résine posées autour de la structure du bâtiment pour former une enveloppe autoporteuse rappelant les « toiles » du grand couturier. Christian Dior avait en effet l’habitude de concevoir pour chaque modèle des prototypes en tissu blanc épais et rigide afin de refaçonner les bustes de ses clientes, avant même que ne soient posées les questions de matière et de texture, de couleur et de motif. Ici, le contexte très européen et très urbain a incité l’architecte à  (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne