De ses ouvrages on retiendra notamment Formes urbaines : de l’îlot à la barre (Parenthèses, 1977), avec J. Castex et J.-C. Depaule ; Versailles : lecture d’une ville, avec J. Castex et P. Céleste (Le Moniteur, 1980) ou Projets urbains avec D. Mangin (Parenthèses, 1999). Marqué par la critique de la modernité de l’italien Manfredo Tafuri, Philippe Panerai se positionne à contre-courant de l’architecture de dalle et dénonce un urbanisme qui, dans une recherche constante de fonctionnalisme, nie son environnement spatial, historique et architectural. En opposition à la Tabula Rasa, il contribue à une nouvelle pensée : celle d’un aménagement urbain plus contextualisé et respectueux de son histoire, notamment à travers l’analyse parcellaire : « Sans la dimension parcellaire, le dessin de la ville reste un exercice de composition assez stérile. Sans travail sur le foncier, le projet urbain se réduit à un jeu de volumes ». C’est par la restructuration du quartier de Teisserre à Grenoble qu’il mettra notamment en pratique sa pensée : « On peut transformer radicalement un quartier, le revaloriser, améliorer le quotidien et mieux l'intégrer avec quelques dispositions simples – requalification des espaces publics en continuité avec les quartiers voisins, réorganisation des équipements pour conforter les polarités, création d'unités résidentielles engageant, à court terme, une nouvelle gestion et préparant, à long terme, le renouvellement du bâti. Le tout en limitant les démolitions au minimum nécessaire ».
Retrouvez les entretiens réalisés pour d’a par Françoise MOIROUX et Jean-Claude GARCIAS.