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Ce mardi 11 avril se tenait un nouveau rassemblement du collectif « In C’Malakoff » devant le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Le collectif se bat depuis novembre 2022 afin de soutenir le projet de restructuration du tripode Insee, œuvre des architectes Serge Lana et Denis Honegger.
Ce dernier,
soutenu par la présence de Jacqueline Belhomme et Carine Petit, respectivement maires de Malakoff et de Paris 14°, attend une réponse du ministre Christophe Béchu.

50 000 tonnes de matière promise à la férocité des bulldozers. En guise de remplacement : le même usage, la même surface, la même structure béton.


Une curieuse décision à l’heure où le poids du secteur BTP dans les émissions de CO2 est connu de tous. Alors que « réparer », « réhabiliter » et « rénover » sont au cœur des débats architecturaux, le nouveau projet de la Tour Insee résonne telle une aberration envers les engagements des accords de Paris.


Le mouvement rappelle une autre démolition controversée : celui des sept immeubles du quartier du Mirail à Toulouse réalisé par les architectes Candilis, Josic et Woods dans les années 1960. Tout comme à Malakoff, la démolition de cet ensemble bâti a réuni un collectif d’habitants et d’architectes, consternés par cette destruction programmée. Démolir et construire coûterait plus cher financièrement à la collectivité que réhabiliter. À titre d’exemple, selon les architectes Druot et Lacaton & Vassal, la restructuration des immeubles du quartier du Grand Parc aurait été trois fois moins coûteuse que sa démolition-construction et ce, sans parler des coûts environnementaux, sociaux et patrimoniaux.


S’adapter, transformer, restructurer. Pour faire valoir le « déjà-là » à Malakoff comme ailleurs, ce mardi le collectif In c’Malakoff demande un renoncement de projet en faveur d’une restructuration malgré un désamiantage et des échafaudages déjà montés sur la tour. En espérant que ces mouvements mêlant architectes, collectivités et habitants engagent à grande échelle « une nouvelle manière de construire qui s’expérimente, précisément en évitant de construire » selon les mots d’Eve Szeftel.