L’architecte britannique décroche à 69 ans le Prix Pritzker décerné par la Fondation Hyatt. À l’annonce du vainqueur de l’édition 2023 de la plus haute distinction internationale d’architecture, un doute nous a pris : « Mais ne l'avait-il pas déjà eu ? » Un sentiment d’évidence pour le couronnement de celui qui est l’un des plus grands architectes encore en exercice.
Des mots du jury, « il fait systématiquement et avec brio le choix des outils qui serviront le projet plutôt que l’architecte en tant qu’artiste. (…) Une telle approche explique comment un architecte si talentueux peut parfois presque disparaitre. »
David Chipperfield est connu pour ses interventions élégantes de transformation de bâtiments historiques en espaces muséaux. On pense notamment à sa rénovation du Neues Museum sur la Rivière Spree à Berlin et à la galerie James Simon, qui vient sobrement s’appuyer contre les vieilles pierres du Museum.
On l’aura vu à Paris pour la rénovation de la préfecture de Morland, ou dans le tout récemment remporté concours pour la future extension discrète du musée d’archéologie d’Athènes, les travaux de l’architecte prônent la pureté formelle au service de la lumière et de l’espace.
Un essentialisme qui s’étend jusque dans le discours où il se fait régulièrement défenseur d’un « changement fondamental » en lieu et place de « quelques panneaux solaires et de l’isolant autour des fenêtres ». Pour avoir entièrement rénové la Procuratie Vecchie de Venise, c’est en connaissance de cause que Chipperfield se positionne sur le rôle à jouer de l’architecture dans la lutte contre le dérèglement climatique.







