L’école est en première ligne pour demander des moyens suffisants pour assurer les missions de formation et de recherche au sein des ENSAs.
Suite au report de la rentrée du second semestre pour cause d’absence de personnel administratif suffisant pour effectuer les inscriptions pédagogiques, le 6 février dernier l’Assemblée générale regroupant étudiants, enseignants et personnels administratifs a voté le blocage de la reprise des cours.
Les inquiétudes concernant le bon fonctionnement des ENSA se font entendre depuis la réforme des écoles d’architectures de 2018. Censée améliorer leur gouvernance et rapprocher le statut des enseignants-chercheurs en architecture de ceux de l’université, l’application concrète de cette réforme bute sur une insuffisance criante de moyens humains et financiers.
Parmi d’autres, l’ENSA Normandie est aujourd’hui dans une situation critique. Elle affiche un déficit budgétaire de 680 000 € (imputable notamment à l’inflation galopante) et un grave manque de personnels administratif, entre autres dans des services aussi cruciaux que ceux de la scolarité.
Plus généralement, c’est le sous-investissement de l’État dans la formation des architectes qui interpelle. À titre de comparaison, il alloue en moyenne 8500 € par an et par étudiant dans les ENSAs, 10 550 € à l’université, et 15 500 € dans les écoles d’ingénieurs.
Le mouvement qui a débuté à l’ENSA Normandie a ainsi toutes les raisons de s’étendre, à moins que le Ministère de la culture se montre cohérent avec lui-même et investisse enfin dans les futurs professionnels dont il ne cesse par ailleurs de vanter les mérites.
Les actualités du mouvement sont à suivre sur Instagram et sur Facebook.
1 Décret n° 2018-109 du 15 février 2018 relatif aux écoles nationales supérieures d'architecture sur legifrance.gouv.fr
2 La réforme des Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) de 2018 - Bilan d’étape sur culture.gouv.fr

