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Fondées respectivement en 1923 et 1938, les marques Herman Miller et Knoll occupent une place historique sur le marché du mobilier et du matériel de bureau. d’abord concurrentes, les entreprises se développent rapidement aux états-unis grâce à l’essor industriel d’après-guerre. le siège Bumper de Ward Bennett pour Herman Miller, la table Tulipe d’Eero Saarinen ou les fauteuils Barcelona de Mies Van Der Rohe par Knoll deviennent des références mondiales, encore éditées. En 2021, Herman Miller, inc. acquiert Knoll. de la fusion naît MillerKnoll. le « collectif de marques » a été présenté pour la première fois le 12 avril dernier au showroom parisien du distributeur RBC.

Herman Miller et Knoll font toutes deux leurs armes aux États-Unis. La première marque collabore avec de grands noms du design et de l’architecture, comme le couple Charles et Ray Eames ou Alvar Aalto, sous la direction artistique de George Nelson. Ses modèles, facilement reproductibles grâce au plastique, contribuent à la croissance internationale de la firme. La seconde importe d’Allemagne une culture s’inspirant des avant-gardistes du Bauhaus. Hans et Florence Knoll fréquentent ce monde, lui dans la sphère familiale, elle, architecturale. Florence développe l’identité visuelle de la marque à travers la « Planning Unit ». Les corps de métier de l’architecture intérieure – termes qu’elle défend en 1964 dans le New York Times en déclarant qu’elle n’est pas « a decorator » –, du design, de la production, du textile, du graphisme et de la publicité sont centralisés. Une première, véritable révolution du monde du design dans lequel on s’arrache le Knoll look. 

 

Changement de paradigme ? 

Avec cette fusion, MillerKnoll centralise les offres de son collectif de marque. Emmanuel Delvaux, vice-président de MillerKnoll Europe, certifie que chaque designer « gardera son indépendance artistique ». Bien moins sûr en revanche de ce qu’il adviendra de la communication, censée coordonner une « diversité européenne ». Actuellement, la priorité est donnée à la sauvegarde d’un héritage patrimonial en respectant une logique de longévité. « On ne jette plus ! » MillerKnoll mise sur la pérennité de ses modèles en intégrant une notion de circuit court « dès le design », affirme Emmanuel Delvaux. En pensant un mobilier facile d’entretien, le groupe investit dans le réemploi. Fort de la combinaison de ses réseaux de distribution, il propose aussi de racheter aux entreprises des lots de mobilier sous garantie, laquelle a été étendue à douze ans. 

On assiste à une tendance inverse à celle des années 1960, nourrie par le vocabulaire post-covid, où « recyclage », « circuit court » et « développement durable » sont les pas-si-nouveaux-termes que le monde s’arrache désormais. Pour MillerKnoll, cela tombe sous le sens. Les deux marques ont réussi à éditer des modèles pérennes depuis des décennies. La valeur de leurs produits n’a pas diminué, si ce n’est gagné, grâce au cachet patrimonial. Les discours évoluent mais le fond, lui, a toujours été là.