Copyright : ©Lionel Rault

Ce mercredi 10 novembre 2021, la Cité de l’Architecture & du patrimoine organise une table ronde avec les lauréats de la session 2020 des Albums des jeunes architectes et paysagistes (AJAP). L’intitulé de l’événement synthétise les préoccupations de cette nouvelle génération : « Réparer, régénérer, recycler ». La table ronde s’inscrit dans la continuité de l’exposition de leurs travaux à la Cité de l’Architecture. À la veille de la clôture de l’exposition ce dimanche 14 novembre 2021, elle permettra de revenir sur les démarches innovatrices mises en œuvre par les architectes et les paysagistes lauréats. Le débat comptera sur la présence de deux agences de paysagistes et huit agences d’architecture : Atelier du sillon, Atelier L. Paysage, MoonWalkLocal, Atelier Senzu, Bien Urbain, Atelier Delalande Tabourin, Cros & Leclercq, Atelier Boteko, Lis & Daneau, et Julien Gougeat. 

Dans la préface du catalogue des projets lauréats, Cyrille Véran, commissaire de l’exposition à la Cité de l’Architecture, souligne la sobriété adoptée par la majorité des architectes et paysagistes de la session 2020. Sobriété qui résiste à l’influence des courants architecturaux d’avant-garde de la première moitié du XXe siècle : il n’est pas question d’invoquer la tabula rasa, encore moins de délaisser le contexte. Le paysage, la topographie, la géographie et l’histoire des lieux, dans une démarche héritée du régionalisme critique, constituent les fondamentaux des projets présentés. L’ensemble forme un arsenal des solutions hétérogènes, dont le point de convergence est le renouement avec l’existant.

 

Des résolutions singulières émergent des spécificités géographiques des sites. Elles ont l’ambition de concilier la création neuve à l’existant. Pour Nicolas Besse et Pauline Gillet (Atelier du sillon), elles se traduisent par la revalorisation des paysages naturels grâce aux interventions douces : aménagement du site du pont de Sénoueix et réhabilitation de la place à Dun-le-Palestel. Pour ce dernier projet, le traitement méticuleux du sol, qui présente des jeux de niveaux subtils et des alternances entre le végétal et le minéral, est semblable à la démarche de Florine Lacroix (Atelier L. Paysage) pour la création d’un parc urbain à Aubenas. Le projet devient aussi l’occasion d’une transformation régénératrice liée à l’évolution des usages. Les témoins de ce credo sont nombreux, mais nous pouvons citer la restructuration du commissariat de police à Saint-Cloud de Nicolas Cèbe, Jérôme Stablon, et Guillaume Cantardjian (Bien Urbain), la rénovation thermique à Montreuil de David Dottelonde et Wandrille Marchais (Atelier Senzu), ou encore les transformations menées par Léa Casteigt (Atelier Boteko). Grand nombre des projets lauréats ont fait le pari d’investir dans des sites à l’écart de l’hégémonie des grandes villes. Ces lieux souvent dépréciés constituent naguère des territoires fertiles à la création.