Alors que la Biennale de Venise accorde les honneurs à la «Torre David / Gran Horizonte, 2012», une tour d'habitations informelles, le plus célèbre squat de Berlin a définitivement fermé ses portes le 4 spetembre, à grand renfort de policiers et d'huissiers de justice.
Situé en plein centre touristique de Berlin Mitte, au numéro 53 de l'Orianenburgerstrasse, le Tacheles est un bâtiment de 5 étages, occupé par des ateliers d'artistes, des bars (dont le café Zapata), et même un cinéma. Ancienne galerie commerciale en béton datant de 1909, il fut partiellement détruit pendant la guerre (il abritait un siège de l'administration nazie), et échappa au démantèlement à la Réunification grâce à des artistes venus de l'Est qui prirent possession des lieux.
Il est très vite devenu un lieu symbolique de la culture alternative de Berlin réunifié, pour devenir un lieu touristique accueillant, jusqu'il y a peu, environ 400 000 personnes par an.Sa superficie de 23 000m² et son emplacement de choix, à quelques minutes de la Friedrichstrasse, en font un immeuble de choix. Il est racheté en 1998 par l'homme d'affaires Anno August Jagdfeld, avec un prêt de la HSH Nordbank, qui autorise cependant les artistes à rester 10 ans, moyennant un loyer symbolique d'un Deutschmark par an. Suite aux problèmes financiers de l'homme d'affaires, c'est la banque qui se retrouve propriétaire du bâtiment, estimé à 35 millions d'euros par le journal « Spiegel ». Elle décide donc de le vendre, et de fait, de le vider.
La disparition de ce lieu symbolise surtout la gentrification de Berlin, avec la fermeture inéluctable, les uns après les autres, des galeries, cinémas, bars, clubs et autres lieux culturels qui ont fait la réputation de la scène alternative Berlinoise.




