Habitat primaire, lieu poétique de l’enfance ou abri professionnel rural, le modèle originel de la cabane traverse le temps. Quel que soit son usage ou son ancrage culturel, la cabane est une construction universelle dont les formes et les symboliques ne cessent d’être réinterprétées et de faire rêver les esprits en quête de liberté et de nature. L’abri sommaire et transitoire d’antan évolue et trouve aujourd’hui des vocations commerciales, expérimentales ou alternatives par rapport au modèle traditionnel de séjour à l’hôtel.
À l’origine, la cabane est un marqueur symbolique du commencement : un archétype primitif émergeant du besoin d’assurer sa protection face aux intempéries. Elle se définit par un abri réduit et temporaire fait de matériaux naturels trouvés çà et là. Sa construction se veut simple et sa structure lisible. Elle évoque également l’éveil de l’enfant à la construction d’un univers imaginaire qui lui est propre et dont il maîtrise l’échelle et les règles. Foucault en a fait l’exemple de son concept d’hétérotopie – une utopie concrètement située. Mais ce fantasme perdure aussi à l’âge adulte. Située généralement en pleine nature, la cabane est un lieu d’émoi sensoriel par le lien intrinsèque entretenu avec les dynamiques naturelles. Si la majorité de la population réside en milieu urbain, la nature est aujourd’hui synonyme de refuge (du latin fugere, désignant la fuite), non plus face à l’hostilité des éléments naturels mais bien vis-à-vis de la civilisation. (...)