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Charles Correa s’est éteint à 84 ans à Mumbai le 16 juin dernier. Après des études à l’Université du Michigan et au MIT, il avait ouvert dès 1958 son agence dans la ville que l’on appelait encore Bombay. Le projet du Mahatma Gandhi Memorial, inauguré en 1963 à Ahmedabad, lui vaudra une reconnaissance immédiate. De la génération de Balkrishna Doshi et Raj Rewal, Correa sera de ses architectes qui construiront l’Inde moderne, un pays encore rempli des idéaux de son indépendance récente. Également urbaniste, il occupe le poste d’architecte en chef du Nouveau Bombay (Navi Mumbai) entre 1970 et 1975. En 1985, Rajiv Gandhi le nomme secrétaire général de la commission national d’urbanisation. Des positions officielles qui ne lui donnèrent que peu de point pour peser sur les développements urbains récent de l’Inde contemporaine, qu’il critiquait beaucoup.

En 2013, le RIBA lui avait consacré une exposition, n’hésitant pas à le présenter comme le plus grand architecte indien. Moderne, résolument, Correa signait avec Kanchanjunga un projet de tour d’habitation particulièrement remarquable, introduisant une typologie innovante de loggia surplombant la ville. Son architecture se pliait à la culture indienne, intégrant des techniques constructives, des espaces ou des couleurs locales, comme au Bharat Bhavan de Bhopal, ou au Musée National d’artisanat de Delhi, où il dessinera un village où fusionne l’ensemble des architectures vernaculaires de l’Inde. Correa a pu construire une tour à New York, sans oublier les plus démunis. Il consacra les quarante dernières années de sa vie à concevoir des habitats pour les populations pauvres. ll terminait des projets à Lisbonne et Toronto. Sa disparition survient deux jours après celle de Ned Chank, Facteur Cheval indien auteur du Rock Garden de Chandigarh, autre représentant d’une culture spatiale indienne et contemporaine.


Un poster disponible sur le site de l’agence offre une vision synoptique de son œuvre.