Où sont partis les paons ?
On se dit d'abord que c'est un peu trop jolie, mais en exacerbant les codes de la composition graphique conventionnelle jusqu'à ses limites, Miho Kajioka parvient à émouvoir en échappant au voyeurisme que ses sujets lui tendent. Avec « Mais, où sont partis les paons? »*, elle expose pour la première fois en France à la galerie VU. Formée en école d'art en Californie dans les années 90, la photographe japonaise revient ensuite dans son pays pour travailler comme journaliste et documentariste. Confrontée aux territoires ravagés par le tsunami de 2011, elle est submergée par la violence du contraste entre les traces de la catastrophe et la beauté d'une nature exubérante et comme indifférente au drame vécu par les habitants. Elle s’empare de ce sujet pour revenir à un travail plus personnel. Délicatesse des motifs, petits formats, tirages argentiques avec un travail précieux de virages au thé vert et d'encadrement, les photographies de Miho Kajioka acquièrent une force tragique que ne laissait pas soupçonner d'abord la grâce élégante de ses images. À voir jusqu'au 2 septembre.