[Architecte mandataire + paysage : 4_32 architecte - BET Structure et Fluides : Iliade ingénierie -Architecte du patrimoine : RL&A architectes - Architecte coordinateur Stade de Gerland Albert Constantin - Maître d’ouvrage : LOU Rugby -Maître d’Ouvrage délégué : FONCIERE POLYGONE - Programme : Piscine, Fitness, Bureaux, Siège social, Centre de performance – Localisation : 353, avenue Jean Jaurès, Lyon - Aménagement intérieur des bureaux : Fazenda architecture – Lumières : Les ateliers de l'éclairage - Économiste : Biming - Démarche Environnementale : RT 2012, CEP moins 40%, BBIO moins 20% - Surface : 5 910 m2 SDP - Montant des travaux : 18.2 M€ HT – Calendrier : livré en 2024]


Pour imaginer la reconstruction du Centre Nautique et Sportif de Gerland, les architectes lyonnais de l’agence 4_32 ont puisé dans l’héritage de Tony Garnier et en ont fait le fil directeur de leur projet. Au sein d’un grand parc paysager, l’architecte du Quartier des États-Unis avait imaginé en 1919 un véritable morceau de ville, comprenant notamment le stade de Gerland que la postérité place aujourd’hui comme une des premières expressions architecturales du stade moderne.

 

Comme réponse aux « méfaits » de la ville industrielle, Tony Garnier avait dessiné dans les années 1910 un plan antiquisant et un stade néo-romain. Deux bâtiments, l’un abritant les athlètes, l’autre les cyclistes, venaient monumentaliser l’entrée vers le stade. L’implantation des vides et des pleins ainsi que le dessin des redents de façades étaient proportionnées pour servir la perspective vers l’entrée du stade, un des quatre arcs de triomphe caractéristiques du projet. Si le plan de Garnier était empreint de classicisme sa mise en œuvre se révéla d’une grande modernité. Devenu une référence pour son usage du béton armé, le stade de Gerland fut aussi précurseur dans l’utilisation du béton de résidus de l'industrie sidérurgique : le mâchefer. Bien que les fondations du bâtiment du quartier des athlètes soient déjà coulées, la première guerre mondiale eu raison de la poursuite du chantier. En 1932, dans le cadre d’un grand plan d’éducation à la natation, on demanda à Tony Garnier de concevoir un bassin extérieur et des gradins à l’emplacement de ce qui aurait dû être le village des athlètes.

 

C’est entre ces mêmes fondations, aujourd’hui inscrites aux monuments historiques que les architectes de 4_32 insèrent leur nouveau projet. Les deux associés, connaissent bien le site. À la sortie de leurs études, ils ont pu plancher chez Albert Constantin sur la restructuration du stade de Gerland qui fera naitre les tribunes en lévitation bien connues. Autour du bassin, réhabilité pour l’occasion, les architectes déploient un édifice en U en lieu et place du projet original de Tony Garnier. Le programme mixte, comprenant un nouveau bassin intérieur, propose aussi des espaces d’entrainement pour les joueurs du club de rugby et des bureaux dédiés à leurs équipes. Il offre tout ce que le nageur d’aujourd’hui attend lorsqu’il se rend dans une piscine : efficacité du parcours jusqu’à la baignade, bonne gestion des seuils du sec à l’humide, équipements techniques dissimulés au profit de l’expérience esthétique et sensible du lieu. Mais dorénavant, entre deux longueurs, le baigneur sera encadré d’un nouveau bâtiment à la rationalité formelle. Les différents volumes sont ainsi unifiés par la rigueur géométrique mais aussi par l’expression visuelle forte de la trame structurelle. Les architectes ont dessiné une enveloppe continue, rythmée de modules vitrés, opaques ou protégés par des brises soleils. Cette façade ne trahit volontairement pas les fonctions qu’elle abrite, laissant ainsi la possibilité de faire évoluer le programme librement dans les années à venir. Encadrant le bassin comme un fond de scène, c’est un monolithe ordonnancé de béton cherchant avant tout à retrouver les intentions de l’esquisse de Tony Garnier, dans sa verticalité, sa transparence et bien sûr, dans sa monumentalité.


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