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Maîtres d'ouvrages : Ville de Nîmes
Maîtres d'oeuvres : Tectoniques (mandataires), Atelier GA (associés)
Entreprises : paysagiste; Itinéraire bis, concepteur lumière; Les Eclaireurs, Structure bois et métal; Anglade Structures Bois, BET Environnement; Indiggo, BE Contrôle; BTP Consultants, BET TCE et OPC; IGBAT avec Energetech pour le génie climatique, AMO QEB; Azur, SPS; SPS Sud Est
Surface SHON : 1750 m2
Cout : 3,05 M € H.T.
Date de livraison : 2012 L'école maternelle « Jean Carrière » à Nîmes est située dans le quartier Haute Magaille, au sud-est du centre-ville, dans un tissu pavillonnaire. La parcelle est caractérisée par son cadre paysager. De grands platanes existants forment une armature végétale remarquable. Ils qualifient généreusement l'ambiance du lieu, et sont des régulateurs climatiques naturels. Le projet en préserve la majeure partie et les associe activement à l'architecture.
Le deuxième élément majeur concerne l'habitabilité du terrain, avec une forte contrainte hydraulique. La rue qui longe le projet est un couloir de ruissellement des eaux pluviales. Le plan de prévention des risques d'inondation de la Ville de Nîmes, limite l'occupation du rez-de-chaussée et impose l'installation des classes au premier étage. Ce dispositif, assez atypique pour une école maternelle, est exploité par les architectes, qui proposent un bâtiment suspendu dans les frondaisons des platanes.

Afin d'atténuer la masse et l'impact du projet, le bâtiment est décomposé en quatre volumes, qui semblent se glisser entre les arbres. Ces volumes, occupés par les classes et le centre de loisirs, sont posés sur une série de murs en pierre massive, disposés sur les files est-ouest et sur des lignes de fins poteaux métalliques, dans le sens nord-sud. Ce contraste lourd-léger est une des marques de fabrique du projet. Le plan cruciforme assure un fonctionnement simple et lisible. Les circulations sont traitées comme des lieux de vie, largement ouverts sur le paysage, et offrent des vues sur les quatre orientations. Les cloisons entre les classes et les circulations sont en partie vitrées, pour libérer des perspectives transversales, de façade à façade. Le rez-de-chaussée accueille le restaurant, la salle multi-activités, et les locaux de support. Ces surfaces sont réparties en deux blocs autonomes, pour préserver la porosité de l'ensemble. Les surfaces libres sont destinées, à l'ouest, à la cour et au préau, tandis que la rive est est affectée aux stationnements. Le préau est prolongé par une terrasse en bois, elle-même étendue par une pelouse de jeu.

L'objectif environnemental du projet est une demande du programme, mais il correspond aussi aux motivations des architectes et de la maîtrise d'ouvrage. L'école Jean Carrière répond aux critères de bâtiment basse consommation, labellisé BBC-Effinergie (avec une consommation inférieure à 40 kWh d'énergie primaire par m2 et par an). Elle a également reçu le label Or de l'association Bâtiments Durables Méditerranéens. Le comportement «passif» de l'architecture est fondamental pour s'adapter au climat Nîmois et l'écriture architecturale du projet est en grande partie issue de cette préoccupation bioclimatique.


Le choix d'une construction légère, c'est à dire avec peu d'inertie, a nécessité une stratégie spécifique pour répondre aux exigences du Climat Nîmois. Le bâtiment est majoritairement construit en bois (ossatures façades / planchers / toitures). En complément, une structure primaire en profils acier industriels permet de gérer les porte-à-faux, d'assurer une relative finesse des poteaux-pilotis du rez-de-chaussée, et de respecter la contrainte de hauteur du PLU (une structure primaire en bois aurait engendré des retombées très pénalisantes dans les volumes habitables déjà traités en hauteur minimale).
Globalement, le projet met en place une stratégie collaborative entre trois familles de matériaux : le bois et les produits d'origine végétales, l'acier, la maçonnerie pierre et béton. Chaque matériau est utilisé là où il est le plus performant : le bois pour les enveloppes et les petites structures de planchers, l'acier pour les grandes portées, les porte-à-faux, et les poteaux, la maçonnerie pour les organes de stabilité. Cette collaboration constructive est une particularité de l'école Jean Carrière.

On l'a vu, les platanes existants sur le terrain, jouent un rôle essentiel dans le projet. En dehors d'une vocation de « climatiseur » naturel, ils lui offrent un élément distinctif et le végétal comme décor extérieur de l'école. Dans ce projet, dont l'image de référence est la cabane dans les arbres, l'accompagnement paysager tient une place particulière. Le projet paysager vise avant tout à résoudre les contraintes topographiques qui en découlent, tout en gardant les arbres existants et en préservant une surface maximum de cour de récréation dans cette parcelle exiguë.

Anne Rolland pour Tectoniques & Atelier GA


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