Maîtres d'ouvrages : Ville de Choisy Le Roi
Maîtres d'oeuvres : OYAPOCK Architectes
Entreprises : EVP Paris, MAYA Concept, VPEAS Paris, ECKEA
Surface SDP : 1272m2 (715m2 activités + 557m2 restaurant/salle des fêtes)
Coût : 2 580 000 euros HT (hors VRD espaces verts)
Date de livraison : 2021
Le contexte :
Seule commune du Val-de-Marne bordant les deux rives de la Seine, longtemps occupée par des emprises industrielles, la ville de Choisy-le-Roi se réapproprie progressivement ses bords de fleuve. Amorcé par la ZAC du port et l’implantation d’équipements et de nouveaux programmes fédérateurs, Choisy-le-Roi se fabrique une nouvelle identité, un nouveau visage d’entrée de ville fluviale. Ce contexte d’exception doit être considéré, il ne s’agit pas ici de simplement étirer le tissu urbain existant, c’est tout un langage architectural qui doit se mettre en place. Construire au bord d’un fleuve, au bord de l’eau, fait référence à tout un imaginaire architectural, le ponton, les cabanes à carrelet, les maisons sur pilotis.
La parcelle :
Depuis les bords de Seine, le long du chemin de halage, l’ancien centre de loisirs se faisait discret, confondu dans le tissu pavillonnaire, tournant le dos à l’environnement naturel remarquable matérialisé par la Seine et une végétation omni présente. Une aire de retournement bordée de quelques places de parkings invite les voitures à faire demi-tour. Seuls les piétons ou les cyclistes peuvent poursuivre leurs chemins le long des berges.
Le site s’apparente à celui d’un petit campus clos et enclavé, respectant une architecture simple et fonctionnelle à l’image des pavillons environnants. Une voie ferrée en talus abrupte matérialise la limite Sud de la parcelle et la limite communale entre Choisy-le-Roi et Villeneuve-le-Roi.
La parcelle se divise en deux parties séparées par une rupture altimétrique, la partie haute accueillant le centre de loisirs existant et la partie basse accueillant les espaces sportifs, d’un côté le terrain de foot, de l’autre, trois terrains de tennis abandonnés. La seule et unique connexion entre les deux se fait par un escalier encastré dans le talus d’environ 1,5 m de dénivelé.
Une butte correspondant aux remblais générés au moment de la construction de l’ancien centre de loisirs rompt avec la relative planéité du sol naturel.
Le programme :
L’extension du centre de loisirs La Prairie consiste à intégrer deux nouvelles fonctions à l’équipement en deux bâtiments distincts : une section supplémentaire de locaux d’activités et une double salle de restauration petits et grands.
Le bâtiment de salles d’activités de 175 places a été conçu comme la première tranche d’un futur centre de 220 places, scindé à terme en deux entités de 110 places. Certaines pièces, comme la salle polyvalente, seront mutualisées entre les deux futurs centres.
Le bâtiment « restaurant » comporte une salle pour les enfants niveau élémentaire de 150 places et une salle pour le niveau maternel de 80 places.
Les weekends, la salle élémentaire sera mutualisée en salle des fêtes pour les habitants de Choisy-le-Roi.
Le Projet :
Répondant au potentiel de surface libre et au contrainte de desserte, les deux bâtiments complémentaires par leur programme ont été construits simultanément aux deux opposés de la parcelle. Pour des questions de cohérence architecturale et d’harmonie, chacun de ces deux nouveaux pavillons a été conçu et construit suivant le même parti prix architectural et constructif l’un faisant ainsi écho à l’autre.
Chacun de ces deux programmes prend donc la forme d’un pavillon indépendant venant s’ajouter à ceux existants, comme des pièces supplémentaires du hameau que forme l’équipement.
Dans ce contexte pavillonnaire, le jeu de toitures, tout en reprenant un élément de langage archétypal du site, retranscrit ici l’adaptation des volumes intérieurs aux espaces extérieurs auxquels ils sont liés. Face à la Seine, la toiture du restaurant opère un double pliage pour offrir une large façade vitrée qui s’élance côté Seine pour la salle des grands et côté centre de loisirs pour la salle des petits.
Le bâtiment renfermant les locaux d’activités en cœur d’îlot est quant à lui construit autour de la grande salle polyvalente marquée par une large toiture pyramidale autour de laquelle rayonnent salles d’activités, administration et préau.
Les deux bâtiments sont enveloppés d’une vêture métallique nervurée de teinte claire qui se retourne de façade en toiture. La mise en œuvre de ce matériau ordinaire et économique conjugué à une trame structurelle rigoureuse 2.5m a permis de concentrer le budget de l’opération sur un procédé constructif bois dont la mise en valeur fabrique l’identité architecturale du projet.
Sur le restaurant, il est mis en valeur depuis l’extérieur par un travail des poteaux qui se ramifient du sol vers la charpente afin de reprendre les arbalétriers de toiture offrant de larges ouvertures vers la Seine et vers le cœur d’ilot.
Sur le bâtiment d’activité, des portiques bois reprennent la toiture du préau inclinée vers l’intérieur. Une ferme ciseau d’une portée de 15 m reprend la toiture pyramidale de la grande salle d’activité ouverte très largement sur l’environnement naturel à travers le préau.
Le restaurant :
Le bâtiment s’implante sur le talus existant, légèrement surélevé par rapport au domaine public. Cette disposition en balcon répond à plusieurs volontés et contraintes :
- Elargir la vue sur la Seine
- Réduire les mouvements de terres lors du terrassement
- Se protéger des crues de la Seine
Ce soulèvement, accompagné d’un travail sur la continuité des éléments serruriers garde-corps et portails, mettent en scène l’entrée du site. Celle du bâtiment est remarquable par la présence d’une coursive en balcon sur la Seine.
La forme parallélépipédique du plan permet d’optimiser les vues sur la Seine tout en dialoguant avec l’implantation des bâtiments existants. Le bâtiment s’organise autour d’un double hall traversant visuellement. Le premier hall dit « élémentaire » côté Seine accessible par la coursive dessert une grande salle à manger de 200 m2 avec vue panoramique sur les berges du fleuve. Un 2ème hall dit « maternel » côté cœur d’ilot dessert une salle à manger 100 m2, traversante d’Est en Ouest.
Ainsi cette disposition des deux halls permet d’éviter les croisements de flux entre les enfants de section maternelle et celle de l’élémentaire.
La salle à manger de 200 m2 est mutualisée en salle des fêtes. Elle est louée le week-end aux habitants de Choisy-le-Roi pour des évènements familiaux. Un jardin, accessible de plain-pied depuis l’intérieur de la grande salle est mis à disposition des usagés.
Cette mutualisation d’espace a nécessité la mise en place d’un double portail formant un sas afin que l’ensemble de l’enceinte du centre sportif ne soit pas rendu accessible au public.
Le Centre de loisirs :
Le centre de loisirs s’implante en lieu et place d’ancien terrain de tennis dont le tiers de la surface a été préservé pour servir d’aire de jeux extérieure.
L’adaptabilité et la flexibilité attendues pour ces locaux ont dicté fortement le parti pris d’implantation et agencement des locaux du centre de loisirs. Conjugué au budget serré de l’opération, un travail sur la rationalité et la modularité a guidé le dessin du plan. Il se présente comme un carré ouvert sur le paysage à 360° articulé autour d’une grande salle polyvalente de 170 places au centre du bâtiment profitant d’éclairage zénithal et, à l’Est, d’un large panorama sur son l’environnement naturel à travers le préau de 220 m2.
Ce dernier forme le parvis du bâtiment, par sa toiture inversée il invite l’utilisateur à entrer. Le hall, réduit à une coursive longeant la grande salle centrale, dessert l’ensemble des locaux administratifs.
Dans la continuité les salles d’activités s’enroulent du sud vers le Nord. Un soin particulier a été opéré afin de fluidifier au maximum les déplacements tout en apportant l’éclairage naturel dans la circulation à travers l’entrée secondaire mais aussi par la mise en œuvre de grand châssis vitrée fixe en second jour. Des locaux extérieurs de rangements pédagogiques referment le préau par la façade nord, intimisant l’accès aux sanitaires. Ils représentent à la fois l’extrémité et l’amorce d’une potentielle extension du bâtiment. Par simple extrusion vers l’Est, le bâtiment peut en effet s’étendre pour accueillir de nouvelles salles sans dénaturer le projet originel et assure ainsi sa plus grande durée de vie.
















