Copyright : © Martin Argyroglo

Après Jouy-en-Josas et le 261 boulevard Raspail, la Fondation Cartier vient s’installer place du Palais-Royal, face au Louvre. Cette fois non dans un vide à remodeler, mais dans un immeuble classé dont les étages sont occupés par des bureaux… L’occasion d’aménager en sous-œuvre une impressionnante infrastructure destinée à mettre en valeur les œuvres des collections.

 

Maître d’ouvrage : Fondation Cartier pour l’Art Contemporain

Maître d’œuvre : Jean Nouvel – Ateliers Jean Nouvel (Mathieu Forest, directeur de studio, et Cyril Desroche, directeur de projet)

BET : SETEC Bâtiment (structure et fluides), SETEC-ISM (ingénierie mécanique), T/E/S/S (façades), dUCKS scéno (scénographie), L’Observatoire International (éclairage), AVEL Acoustique (acoustique), BMF (économie)

Surfaces : 8 500 m2 d’espaces accessibles au public dont 6 500 m2 d’espaces d’exposition (dont 1 200 m2 répartis sur 5 plateformes mobiles)

Calendrier : début du chantier : second semestre 2019 ; ouverture au public : 25 octobre 2025

 

Après des années de chantier, la Fondation Cartier vient d’ouvrir son nouvel espace d’exposition au 2, place du Palais-Royal, à proximité immédiate du musée du Louvre. Si ce n’est l’ample auvent de verre qui longe la rue Saint-Honoré, rien ne témoigne de l’extérieur de l’appropriation, par un espace accessible au public de 8 500 m2, des niveaux bas de ce long bâtiment haussmannien anonyme de plus de 150 mètres de long sur environ 50 de large. À la fois immeuble et îlot, il est tellement contextuel qu’il en est presque invisible. Il semble n’avoir jamais cherché à s’affirmer en lui-même et pour lui-même afin de mieux permettre aux vides qu’il délimite de trouver leur plénitude. Ses arcades, qui suivent à la lettre les prescriptions de Percier et Fontaine, établies sous le Premier Empire, et les proportions de sa façade principale contribuent ainsi grandement au déploiement de la rue de Rivoli et de la place du Palais-Royal. Comme si cet édifice trouvait uniquement sa raison d’être à l’extérieur de lui-même, dans la ville qu’il fait exister. De même, son histoire est si contrastée qu’elle ne parvient pas à lui conférer une identité. D’abord conçu pour accueillir le Grand Hôtel du Louvre (1855-1887) et répondre à l’afflux des touristes venus visiter la première Exposition universelle parisienne, il sera ensuite transformé en Grands Magasins du Louvre (1887-1974) avant de devenir le Louvre des Antiquaires. Sans parler du bombardier américain qui s’est écrasé sur lui en 1945 en provoquant un incendie qui n’a laissé intactes que ses façades en pierre et a nécessité la reconstruction de ses espaces intérieurs en béton.

Donner à chaque œuvre sa respiration propre

Un site déconcertant si on le compare par exemple à celui du boulevard Raspail, qui se présente comme un vide urbain mis en vitrine pour être considéré comme un lieu des possibles, servi par une construction miesienne de verre et d’acier jouant sur la transparence et les reflets… Ainsi qu’aux autres équipements muséaux parisiens réalisés par l’agence, notamment le Quai Branly où, dressées sur les berges de la Seine, les salles d’exposition montées sur pilotis disparaissent dans les frondaisons d’un fragment de forêt tropicale mis sous cloche…  (...)

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