Maîtres d'ouvrages : Potato Head
Maîtres d'oeuvres : OMA ; David Gianotten (partner
in charge), paysagiste : Larch
Studio
Surface SHON : 20,000 m²
Date de livraison : 2020
Alternative au modèle éculé de l’hôtel basé sur la fameuse « exclusivité », déconnectée de la culture locale, le Potato Head Studios conçu par OMA à Bali tente de s’affranchir de ces poncifs. Les lieux collectifs deviennent des espaces publics, invitant les habitants à partager la vie balinaise avec les touristes.
« Alors que l’essence de Bali réside dans l’interaction entre différentes cultures, la typologie omniprésente des stations balnéaires actuellement à Bali et dans d’autres destinations tropicales met paradoxalement l’accent sur le plaisir exclusif des clients de l’hôtel, détaché de la vie de la communauté locale », pose en préalable OMA pour expliquer les enjeux de l’une de ses réalisations les plus récentes. Au sud-ouest de Bali, en Indonésie, sur l’un des derniers sites vierges de Seminyak, l’agence néerlandaise livre un établissement à rebours de cette tendance. Baptisé Potato Head Studios, l’ensemble qui regroupe deux hôtels et un beach club s’affiche comme un resort ouvert au public et connecté aux réalités locales. Quand les établissements de ce type se cadenassent, interdisant toute porosité, le projet d’OMA joue au contraire la carte de la perméabilité, transformant les lieux de la vie collective en espaces publics partagés avec les habitants.
Les 168 chambres sont ordonnées autour d’espaces centraux, ouverts et librement appropriables. Cette porosité est notamment rendue possible par la conception architecturale de l’hôtel qui, surélevant les chambres sur pilotis, libère le rez-de-chaussée et l’offre à la déambulation. Ce niveau du sol est envisagé par OMA comme une plateforme ouverte aux usages programmés ou imprévus et à la spontanéité, en lien direct avec la plage. Festivals, événements culturels et activités de loisirs quotidiennes prennent ainsi place dans ces lieux partagés et invitent les touristes à découvrir la culture balinaise. Au deuxième étage, le jardin évoque quant à lui ces cours traditionnelles fréquentes en Indonésie. Le sacro-saint rooftop est lui aussi traité comme un espace ouvert. On y accède par un cheminement public qui serpente autour de l’établissement. L’architecture combine béton mis en œuvre de façon brutaliste dans des coffrages en bois flotté récupéré et façades en briques recyclées. Dans les chambres, face à la mer, OMA affirme l’ancrage culturel à grand renfort d’artisanat et de matériaux locaux pour que jamais le client ne perde de vue la spécificité du lieu où il a choisi de passer ses vacances.


