Maître d’œuvre : Shohei Shigematsu, partenaire chez OMA. Architecte : Scott Abrahams. Équipe : Ted Lin, Lawrence Siu, Ian Mills, Matthew Austin, Hanying Zhang, Nick Demers-Stoddart, Cass Nakashima, Sean Billy Kizy. Architecte exécutif : Shiming Tam Architect PC. Ingénieur structure : Robert Silman Associates PC. Ingénieur mécanique, électricité, plomberie : Plus Group Consulting Engineering PLLC. Consultant lumière : Tillotson Design Associates/Dot Dash. Entreprise : P&P Interior Inc.
Ce projet d’extension par le sous-sol de l’atelier de l’artiste plasticien Cai Guo-Qiang repose sur l’insertion d’une paroi translucide sur double hauteur permettant de faire descendre la lumière naturelle, de distribuer les nouveaux lieux de travail et de dilater les espaces.
Organisé de plain-pied au rez-de-chaussée d’une ancienne école en briques datant de 1885 dans le Lower East Side de New York, cet ancien studio bénéficiait d’un espace interstitiel intéressant : une courette en bande logée entre deux ateliers. Les architectes saisissent ce potentiel de lumière naturelle comme une occasion de prolonger les lieux en sous-œuvre et d’augmenter sensiblement la capacité de l’atelier en termes d’espaces de production, d’exposition et de réception. Ils imaginent un dispositif de transmission lumineuse sur double hauteur constitué de panneaux de résine LightBlocks montés sur cadres métalliques.
Telle une lame qui fend l’intérieur du bâti existant longeant la façade intérieure de la courette, cette paroi cristalline forme la bordure d’un atrium central étiré. En plus de faire glisser la lumière dans les espaces intérieurs et d’en permettre la distribution, elle agit comme un dispositif de dilatation efficace. Les limites des espaces desservis pourtant bien ancrés dans leur enceinte de briques semblent atténuées, les frontières entre les éléments de programme, gommées. Les espaces de réunion, d’archivage, la bibliothèque, la salle des médias, le bar et le salon de thé semblent en effet constituer un seul et même espace imbriqué. De même, le rez-de-chaussée – où sont aménagés les postes de travail de l’espace administratif, une salle de réception et de banquet – et les deux ateliers principaux semblent faire corps avec le sous-sol.
Le recours à un dispositif continu en parois minces dans un volume fragmenté et massif permet de révéler et de valoriser la structure existante. Arcs en briques, murs pleins en briques, pierres ou moellons, coffre-fort transformé en périscope, escalier monumental, balustrade en fer forgé sont ainsi rendus explicites, presque indépendants, et apparaissent comme les « éléments » archétypiques d’une architecture de masse.
Le recours à des matériaux qui tranchent les uns avec les autres ajoute à cette culture de l’ornementation et du détail : ainsi pour l’aménagement des nouveaux espaces avec leur plafond acoustique réfléchissant matelassé ou le plafond de bambou pour la salle de réunion et le salon de thé. Cette volonté de superposition d’ambiances s’applique également au statut de chaque espace disposant de la flexibilité nécessaire pour fonctionner à la fois en espace de travail privatif ou en lieu public. Ainsi, les deux ateliers principaux dotés d’un éclairage muséal sont utilisés pour des expositions quotidiennes et des réceptions. Dans la cave habitée, un nouvel espace équipé d’une solide table en douglas accueille de grandes réunions et des projections de film. La bibliothèque offre un espace dédié aux entrevues avec les éditeurs et les journalistes, les publications de l’artiste étant à portée de main.