Aussi provocatrice qu’elle puisse sembler, cette question conjecture au contraire une hypothèse qui pourrait s’imposer plus rapidement que les architectes ne l’imaginent. Ne plus construire – au sens ne pas construire ex nihilo – n’est pas synonyme d’immobilisme. La transformation de l’existant est une alternative à la démolition mais également à la construction neuve. Le potentiel d’action est immense sachant qu’environ 80 % du parc immobilier de 2050 est déjà sous nos yeux. Pour réhabiliter ou transformer ce patrimoine, il y aura autant, voire davantage, besoin des architectes même si leurs pratiques devront être profondément questionnées. Finalement, la question est moins de dire qu’il faut arrêter de construire que de savoir si on a encore les moyens de construire comme avant.

En 2020, Pierre Hurmic, nouvellement élu maire de Bordeaux, présentait les nouvelles orientations de la ville en matière d’habitat et d’urbanisme. Il annonçait vouloir ralentir la délivrance de permis de construire, fermant les vannes après vingt-cinq années durant lesquelles son prédécesseur, Alain Juppé, les avait grand ouvertes. Depuis, l’image des maires bâtisseurs s’est heurtée à l’urgence environnementale. Quatre ans plus tard (...) $##$, (...)
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