Susanna Fritscher s’intéresse de très près aux espaces qui lui sont concédés pour ses installations. Elle en amplifie les qualités intrinsèques et leur donne une substance propre afin qu’ils parviennent à s’émanciper de leur cadre architectural et à exister en eux-mêmes et pour eux-mêmes. Elle sait jouer en virtuose sur la transparence et l’opacité, sur la légèreté et la pesanteur, sur la clarté et l’obscurité, en utilisant toutes sortes de filtres qui piègent et retiennent la lumière. Brume formée par les plis et les replis d’un rideau plastique transparent ou pluie de fils translucides et vibrionnants rendent floues les silhouettes des visiteurs qui les traversent pour mieux les intégrer, les ingérer dans un espace unitaire. Ainsi le long ruban transparent de la Promenade blanche qui zigzaguait en 2015 dans la grande salle du FRAC de Besançon pour capter et transformer l’ambiance de sous-bois voulue par Kengo Kuma. Ou les fils de Frémissements, qui remplissaient en 2020 l’une des grandes galeries du Centre Pompidou de Metz uniquement éclairée par ses extrémités pour porter à leur paroxysme les effets de contrejour imaginés par Shigeru Ban. Une installation qui savait aussi détourner la ventilation du faux plancher pour animer les fils et produire des sons d’instruments à vent en la canalisant dans des tuyaux d’orgue.
Organisme parasite
Traversez maintenant le quartier dense et animé de Ginza pour vous rendre à la Boutique Hermès réalisée par RPBW : deux rideaux en briques de verre, suspendus à une puissante et invisible structure sismique, qui courent sur plus de 50 mètres, le long d’une rue étroite et ombreuse. Vous prendrez directement l’ascenseur pour monter au septième étage de cette lame de 10 mètres d’épaisseur et vous rentrerez dans le Forum où, (...) $##$ sous une double hauteur,