La loi
ELAN suscite de grandes inquiétudes au sein de la profession. Trois jeunes
architectes, praticiens et enseignants, expriment leur crainte d’une
dégradation de la qualité de l’habitat.
D’A : Quels sont les principes
fondamentaux pour que la production de logements, collectifs ou non, sociaux ou
non, apporte les qualités d’habitabilité requises et réponde aux enjeux de la
transition écologique ?
Simon Teyssou :
Il serait déjà primordial de ne pas considérer le logement comme un produit mais comme un espace qui incarne le bien-être de ses habitants. L’organisation interne de l’habitat, sa relation avec l’environnement extérieur, la qualité des espaces intermédiaires doivent être soignées. Dans un projet idéal, les matériaux au contact du corps sont sains et stimulent tous les sens et non pas uniquement l’œil. La lumière naturelle qui y pénètre est généreuse. Sa performance acoustique est vraiment efficace. À l’échelle de l’édifice, un projet de logements contribue à caractériser le paysage urbain et fabrique le patrimoine de demain. À ce titre, il interroge le lieu dans lequel il s’inscrit : son climat, ses paysages, sa densité bâtie, son économie, ses ressources, sa culture locale, etc. Cette attention au milieu serait un deuxième principe fondamental à réaffirmer pour concevoir des habitats de qualité.(...) (...)