Regain de flamme pour l’obscur et
extravagant Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), à l’occasion d’une exposition au
Petit Palais de Paris sur un « bâtisseur de fantasmes » et de la
réédition révisée du livre que consacra, au mitan des années 1980, l’historien
Philippe Duboÿ à cette « énigme ».
Du
personnage, on sait peu de choses. Il naquit à Rouen d’un père artisan
menuisier. Il étudia le dessin à l’école particulière gratuite du peintre
Jean-Baptiste Descamps (1714-1791), intégrée à l’Académie des sciences, belles
lettres et arts de Rouen, qui le prima. Une bourse lui permit d’aller à Paris.
Ayant fait ses premières armes à Rouen chez l’architecte Jean-Baptiste Le
Brument (1736-1804), il trouva une place au bureau de l’église Sainte-Geneviève
(devenue le Panthéon) de Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), repris à la mort
de ce dernier par son neveu François, pour lequel plancha Lequeu sur l’hôtel de
Montholon à Paris. Après la Révolution, le voici au bureau de cadastre en 1793
à travailler sur le plan de Paris. Il mena dès lors une carrière de dessinateur
fonctionnaire qui le conduisit au bureau des bâtiments civils du ministère de
l’Intérieur, avant de mourir dans un deux-pièces au 33 de la rue Saint-Sauveur(...)