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Maîtres d'ouvrages : privé
Maîtres d'oeuvres : Tank, Olivier Camus et Lydéric Veauvy – Chefs de projet : Guillaume Anrys (ESQ, APS, APD), Franck Landrot (PRO, DCE, chantier)
Entreprises : BET structure : Prototype SPRL, Cédric Évrard – BET thermique : BKW Énergies, Christian Blary – BET acoustique : Flandres Analyse, Arnaud Marschal – Charpente bois : Edwood – VRD et gros œuvre : Descamps – Paysagiste : Agrément du jardin 
Surface SHON : 477 m2
Coût : 1,36 million d’euros HT
Date de livraison : mars 2017

C’est à Mouvaux, une commune résidentielle plutôt cossue de la métropole lilloise, que les architectes de l’agence Tank ont réalisé leur dernier projet de maison. D’une grande expressivité plastique, celle-ci émerge de la verdure comme une épaisse coque de toiture rappelant l’avion furtif américain F-117, semblant posée en lévitation sur le rez-de-chaussée.

Si la maison individuelle – chronophage en temps et en énergie – est souvent l’opportunité d’une première commande pour les jeunes architectes, il devient plus difficile de poursuivre l’exercice lorsqu’une agence se développe. Pourtant, chez Tank, il occupe une place toute particulière. Lydéric Veauvy, l’un des cofondateurs de l’atelier, explique que ce type de programme autorise davantage de recherches et d’expérimentations, lesquelles nourrissent l’ensemble de leur production. Pour le duo, c’est aussi une inscription du projet dans le temps complètement modifiée : en effet, trente-six mois auront été consacrés à la conception de ce projet de maison familiale à Mouvaux, suivis de vingt-quatre autres pour le chantier. Les clients, un couple avec cinq enfants, souhaitaient une habitation moderne qu’ils résumaient à deux qualités : « secrète et naturelle ». « Nous les avons fait travailler sur l’expression de leurs sensibilités, ils nous ont montré Perriand, nous leur avons montré Wright et les maisons usoniennes, notamment pour leur incroyable capacité à se fondre avec leur environnement », raconte Lydéric Veauvy. Très vite, un travail en maquettes dégage un principe majeur qui tiendra jusqu’à la livraison : une grande coque massive flottera au-dessus d’un rez-de-chaussée, comme dématérialisé.



Flottant et massif


Pour construire cette toiture habitée, de grandes fermes sur mesure ont été dessinées. Entre ces dernières sont posés les planchers préfabriqués en CLT (bois lamellé-croisé). Disparaissant derrière des panneaux de bois ou de plaques de plâtre qui partitionnent les pièces de l’étage, ces charpentes sont posées sur des caissons porteurs en bois en rez-de-chaussée, faisant également office de rangement, et sur quelques potelets d’acier complémentaires. La pose des pannes transversales détermine des surfaces triangulaires ou en losanges, un peu déformés, tandis que des fermettes intermédiaires permettent de créer les balcons. Ce travail précis sur la géométrie permet de profiter au mieux de l’apport de lumière naturelle tout en en protégeant les grandes baies vitrées au rez-de-chaussée, grâce aux débords irréguliers de la toiture. Ces vitrages tout hauteur, équipés de menuiseries intégrées dans le sol et le plafond, réfléchissent la végétation du jardin et, suivant l’angle de vue, font disparaître le socle du rez-de-chaussée. L’aspect flottant et massif de la toiture prend alors son expressivité la plus forte. La compacité est renforcée par le calepinage des lattes extérieures en chêne, dont les lignes sont continues d’une face à l’autre de la construction.


Le détail conditionne ici le tout : un seul élément bouge, et l’ensemble doit être redessiné. « Tout est arrivé préfabriqué. Il a ensuite fallu beaucoup d’ajustements sur le site, c’est un travail d’horlogerie », souligne Olivier Camus, qui précise : « L’expérience de préfabrication des toitures de notre projet de la Madeleine a été réutilisée pour la construction de cette maison. Nous avons travaillé avec la même l’entreprise de bois qui possède une grande maîtrise de logiciels 3D performants, un atout déterminant pour ce type de réalisation. »

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