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Critiqués autant que craints par les élus locaux, les promoteurs et leurs confrères architectes, les architectes des Bâtiments de France traînent dans le petit monde de la construction une réputation peu enviable que leur indépendance, leur autorité et leur petit nombre ont contribué à entretenir. La récente loi ELAN, en supprimant l’une de leurs prérogatives, a donné lieu à des débats enflammés. L’État lui-même ne voudrait-il pas la peau des architectes des Bâtiments de France, et au passage celle du patrimoine tout entier? 


Dans ce contexte, c’est sur un mode défensif mais constructif que s’est tenu le colloque annuel de l’Association nationale des architectes des Bâtiments de France (ANABF) en décembre 2018. Consacré à la revitalisation des centres-bourgs, il a donné l’occasion aux ABF de remettre le patrimoine au cœur des politiques d’attractivité des territoires et d’engager un examen de conscience de la profession.


« Construire mieux, plus vite et moins cher, pour provoquer un choc d’offre », c’est l’un des objectifs affiché du projet de loi ELAN1 , dont découle une série de mesures visant à faciliter la production de logements. L’article 15, en particulier, a cristallisé les tensions. Dans l’exposé des motifs, il est ainsi écrit que, « lorsque des immeubles sont jugés insalubres ou dangereux, leur préservation en l’état s’avère (...) (...)

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