Situé dans un lotissement de la Sierra occidentale de Madrid, dans une forêt de pins, à côté d’une zone de protection spéciale pour les oiseaux (ZPS), ce projet appartient à un territoire riche en biodiversité et actuellement menacée. Hybride et multifonctionnel, son programme est dédié au travail et à l’habitat. Il a été pensé par les architectes pour être construit autour d’un insecte devenu un élément déterminant de cet écosystème : les chenilles processionnaires du pin, nommées ainsi d’après leur mode de déplacement en file indienne, et provoquant un affaiblissement important des arbres. « Cette opération constitue un projet de micro-aménagement paysager et architectural pour les humains et d’autres espèces animales où des façons alternatives d’habiter ce lieu et d’y travailler sont explorées dans une perspective de soins », expliquent les concepteurs.
Le volume principal de la cabane est composé d’une petite structure préfabriquée, constituée de onze pièces de pin de Soria, provenant des environs. Élargi dans son utilisation, l’aménagement de la cabane permet à deux personnes de télétravailler et d’accueillir confortablement des invités. Pour répondre à ces mixités d’usage, la chambre principale est remplacée par une capsule de couchage, le toit est utilisé comme un salon extérieur surélevé, et un bureau transformable et polyvalent peut être utilisé comme chambre d’amis ou salle à manger.
Le cœur de l’habitation est composé d’une cuisine-séjour de 4 mètres de hauteur libre. Une fenêtre horizontale en face sud laisse entrer le soleil d’hiver. Sur la face opposée, on trouve des portes coulissantes en verre, et un porche surélevé est entouré d’un filet. Le salon-jardin extérieur est quant à lui équipé d’un hamac, d’une terrasse en bois mobile et d’un écran utilisé pour les appels vidéo ou comme cinéma d’été.
Sur cette parcelle donnant sur une colline, les architectes ont dessiné des abris pour d’autres formes d’occupations vivantes, avec lesquelles les habitants télétravailleurs entrent en contact visuel. « Sur cette parcelle, nous avons fabriqué également des nichoirs et des refuges pour diverses espèces d’oiseaux et de chauves-souris, dont beaucoup se nourrissent de la chenille processionnaire du pin. Ainsi, The (Synanthro) Love Shack est la continuation d’une série d’œuvres à travers lesquelles nous explorons la capacité de l’architecture à tisser des relations alternatives avec des environnements proches et lointains ; avec ceux qui existent déjà, et avec des environnements futurs qui peuvent être imaginés maintenant », concluent les concepteurs.
[ Maîtrise d’œuvre : Husos Architects – Maîtrise d’ouvrage : Diego Barajas – Entreprise : Hábitat S.L. – Surface : 97,4 m2 – Coût : 110 000 euros – Calendrier : livraison, 2020 ]




