Copyright : ©Edward Burtynsky

L’été dernier se sont tenues en France deux expositions consacrées à ce photographe canadien à la réputation internationale. Depuis quatre décennies, il tourne autour de la planète pour saisir des paysages façonnés par l’exploitation massive de ses ressources. Tandis qu’à Paris le Centre culturel canadien avait choisi de présenter la diversité des moyens et des techniques engagés dans ses travaux, le Pavillon populaire, espace d’art photographique de la Ville de Montpellier, se penchait sur ceux qui rendent compte des usages et des mésusages de l’eau.

Dans un entretien accordé en avril 2005 au quotidien canadien The Globe and Mail, Edward Burtynsky déclarait que ses images « peuvent être lues de multiples façons, si bien que vous pouvez avoir la même image au mur d’une salle de conférences d’entreprise ou utilisée comme affiche de campagne par un groupe environnemental. » Il pointait ainsi l’ambiguïté qui les caractérise. D’une part leur esthétique corporate, qui habille d’une forme lyrique et emphatique les grandes entreprises qui façonnent paysages et lieux industriels. De l’autre la dénonciation des ravages qui en résultent. Si bien que ses images sont de celles qui habillent les grilles des institutions publiques, précisément parce qu’elles sont chargées, et même surchargées, de sens qui restent ouverts à des interprétations contraires.

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