À Liège, au-dessus d’un rond-point et d’un grand axe routier, je m’engage sous un ciel gris dans une longue rue où d’anciens pavillons d’ouvriers s’alignent à perte de vue. C’est là, en réunissant trois constructions en briques acquises au fil du temps, que Pierre Hebbelinck a installé son agence et sa maison d’édition. La grande cuisine-réfectoire qui s’ouvre sur une cour pavée de plaques d’acier Corten donne le « la » de l’ambiance familiale qui règne ici. Autour d’elle viennent se disposer les différents espaces de réunions et de travail : en sous-sol, les archives et la matériauthèque; au rez-de-chaussée, les bureaux, la salle de réunion, la réserve de la maison d’édition et l’atelier maquette. Tandis qu’à l’étage, les anciennes chambres sont désormais occupées par les collaborateurs qui, au téléphone et devant leur écran, s’affairent parmi les livres, ouverts sur les tables ou méthodiquement rangés sur des murs d’étagères...
D’a : Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Je suis issu de la petite bourgeoisie de la couronne bruxelloise, une région riche qui se trouvait à cette époque dans une conjoncture très favorable. La société des années 1950-1960 était plongée dans une sorte d’adolescence. Tout semblait possible, (...) (...)