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  • (1/2) Avant de s'interroger sur le bon logement, faisons du logement une question

    De nombreux rapports publiés ces dernières années s’inquiètent de la faible qualité des logements, et de celle des logements collectifs surtout. Diminution des surfaces, standardisation, mono-orientation, disparition de certaines pièces... les logements construits dans la dernière décennie ne seraient plus conformes au confort minimal nécessaire pour « habiter dignement ». En réponse, ces rapports établissent de nouveaux critères d’habitabilité d’un côté – surface, luminosité, mutabilité... – et, de l’autre, énumèrent les leviers possibles pour accroître la qualité des logements – chartes, mesures de contrôle du foncier, encadrement de la loi Pinel, etc. Ils appellent également à construire un cadre favorable à l’expérimentation concrète de ces quelques pistes, ce qu’ont entrepris en début d’année le ministère de la culture et le ministre chargé du logement avec le lancement de l’appel à manifestation d’intérêt « Engagés pour la qualité du logement de demain ».

  • (2/2) Entretien avec François Brugel. Prolonger l’histoire, assumer la discrétion Mutation/rénovation, deux opérations de logements à Paris

    architecte et professeur à l’Ensa de Marseille, François Brugel développe une pratique délicate et discrète qui puise ses fondements dans une compréhension large du tissu sédimenté de la ville et du bâti. Cette manière de penser et faire l’a très tôt amené à œuvrer sur des réhabilitations et transformations. À l’occasion de quatre opérations récemment livrées à Paris, nous l’avons interrogé sur certains thèmes qui nourrissent son travail et la production du logement en particulier.

  • 23 logements Pli, Paris 13e

    Maîtres d'ouvrages : Paris Habitat 
    Maîtres d'oeuvres : Jasmine Kenniche-Le Nouëne, JKLN architecte - Semapa (aménageur) ; Urban Act, Trans-Faire (urbanistes)
    Entreprises : BET : EVP Ingénierie, structure; Louis Choulet, fluides et BET environnement ; Bureau Michel Forgue, économiste ; ECKEA Acoustique, acousticien ; MOZ Paysage, paysagistes ; Urbaine de Travaux (entreprise générale) 
    Surface : 1 700 m2 SDP 
    Coût : 3,9 millions d’euros HT 
    Date de livraison :2021

  • Assumer la discrétion. Rénovation de 106 logements, boulevard Soult, Paris 12e

    Maîtres d'ouvrages : Paris Habitat ; PIBA, assistant maîtrise d’ouvrage
    Maîtres d'oeuvres : FBAA, François Brugel architectes associés, mandataire (Victor De Almeida, architecte associé ; Maria Alalou, chef de projet) ; Marc Dujon architecture, architecte associé
    Entreprises :  BET thermique et fluides : Cadence - Entreprise générale, mandataire : Genere
    Surface : 6 602 m2 SDP
    Coût : 5,8 millions HT 
    Date de livraison :2022

  • Céramiques architecturales, le meilleur du Cersaie de Bologne

    Chaque année en septembre, le salon Cersaie de Bologne réunit les grands fabricants italiens de céramiques, dévoilant des collections inédites à travers de spectaculaires mises en scène. Ce salon révèle à quel point le carrelage dispose d’une faculté inégalée d’être traversé par tous les courants architecturaux ou décoratifs de son époque (les fameux trends). Équipés de machines d’impression HD, les industriels rivalisent de créativité et sont capables à la fois d’imiter un papier anglais à fleurs du XIXe siècle et de reproduire à la perfection le vocabulaire low-tech de la terre crue. Avec un réalisme bluffant, ces collections très complètes pour l’intérieur ou l’extérieur visent les marchés du monde entier. Dans l’attente du salon Cevisama de Valence, en Espagne, en juin prochain, ce dossier dresse une sélection des meilleures collections du Cersaie 2021, prescrites pour leur qualité de résistance et d’entretien, au service du projet. Se côtoient des éléments pour façades ventilées ou des revêtements pour les gares des métropoles. Ce sont aussi des collections grand format pour l’hôtellerie ou des pièces 3D hors normes dédiées au retail.

  • Claveau-transition, une densité douce. 14 logements participatifs locatifs, cité Claveau, Bordeaux

    Maîtres d'ouvrages :  aquitanis
    Maîtres d'oeuvres :  Fabre de Marien, chef de projet AudreyBenais ; mission : base+OPC–BETTCE
    Entreprises :  gros œuvre, JTC ; enduits-briquettes, DSA ; charpente bois : Aquitaine Maison Bois ; charpente, couverture et bardage : B2C ; cloisons modulaires : CBMEC
    Surface :  982 m2
    Coût : 1 714 000 euros HT 
    Date de livraison :2021

  • Collet Muller Architectes : Une œuvre parallèle

    Trentenaire engagé dans son temps, Antoine Collet vient de livrer une opération de logements d’une rare maturité, s’inscrivant dans une activité d’agence maintenant ancienne mais dont elle ouvre une nouvelle page, réjouissante et exemplaire des modalités d’exercice d’un métier qu’aucun dogme ou académisme n’aura jamais vraiment réussi à soumettre. « On ne peut voir que ce que l’on accepte de regarder » pourrait être le mantra de son père Yves Collet, qui fête cette année les cinquante ans d’une pratique de l’architecture (au départ avec Dominique Burger, aujourd’hui avec Christophe Muller et Antoine Collet) polymorphe et iconoclaste, les ayant vus traiter sans fausse pudeur et avec la même liberté de ton à peu près tout le spectre de la commande, du magasin à l’équipement public, du logement social au complexe hôtelier de luxe.

  • Détruire ou non ?

    Faïence dans les halls, aplats colorés en façade, l’indigence des signes a trop souvent résumé la réhabilitation des barres des grands ensembles. Des interventions fines dans différents quartiers à divers moments – celle de Christian de Portzamparc rue Nationale à Paris (1991), celle de Vincen Cornu à Montfermeil (de 2007 à 2014) et aujourd’hui celle François Brugel dans le 13arrondissement – ont au contraire saisi cette opportunité pour vivifier le tissu urbain et remodeler des immeubles en site occupé, en travaillant l’espace public, les façades, les halls et l’intérieur des logements. Tout en ayant chacune leurs spécificités, ces trois opérations ont pour point commun de montrer qu’intervenir sur ces sujets demande de repartir de leurs qualités propres pour ne pas reproduire la tabula rasa qui les a souvent fait naître. Mais pour dynamiser l’existant, encore faut-il savoir détruire quand conserver tend à devenir une injonction. 

    Confronter les options retenues par l’architecte d’une opération de réhabilitation réalisée pour Élogie-Siemp dans le périmètre de la ZAC Bédier-Oudiné avec celles d’un responsable de la Semapa, aménageur d’un projet urbain plus global, permet de comprendre pourquoi rue du Chevaleret, dans le 13arrondissement à Paris, une barre a été transformée et l’autre détruite.

  • Entretien avec OFFICE KGDVS, Kersten Geers & David Van Severen : Les lois de la géométrie

    J’ai rendez-vous avec les fondateurs de OFFICE rue de la Loi à Bruxelles, un quartier d’affaires où l’on ne s’attend pas à trouver une agence d’architecture. Je monte au neuvième étage et je pénètre sur un vaste plateau ouvert sur la ville, les anciens locaux de l’ambassade de la Suisse en Belgique...

  • Face à face. 105 logements sociaux et 19 SOHO, Chapelle international, Paris 18e

    Maîtres d'ouvrages : RIVP
    Maîtres d'oeuvres :  Moussafir Architectes, Nicolas Hugoo Architecture – Urbaine : l'AUC
    Entreprises :  BET : structures, Batiserf Ingénierie ; fluides et thermique, Louis Choulet Ingénierie – Économie : BMF – Acousticien: Point d’Orgue – Entreprisegénérale: Léon Grosse – Produits: Decomo, Alucoil, Alucobond, Tolartois, Billiet, Schüco, Mermet
    Surfaces :  SDP totale, 8 947 m; SDP logements G1, 2 839 m; SDP logements G2 : 4 815 m; SDP Commerces et SOHO 1 293 m2
    Coût :  19,6 millions d’euros HT
    Date de livraison :2021

  • Innover, c’est rester libre : l’exemple d’anatomies d’architecture

    Qu’est-ce que l’innovation ? Une application numérique aidant à calculer le bilan carbone d’un bâtiment ? Un nouveau dispositif high-tech de façade ayant requis de nombreux atex ? Dans chaque numéro, cette rubrique questionne divers niveaux de rupture dans la construction et l’architecture, des innovations plus ou moins techniques, plus ou moins valables. Ce mois-ci, l’innovation se situe du côté de l’agence anatomies d’architecture. Situé en normandie, son premier projet incarne une manière plutôt rare – mais amenée à se développer – d’exercer la profession. Son goût pour l’expérimentation, la pratique du chantier et son sens du travail collectif donnent quelques clés pour les praticiens qui désireraient exercer hors des métropoles.

  • Julien Gracq : L’œil géographique

    Le grand écrivain était géographe. Dans les années 1950, il entreprit plusieurs voyages en Espagne dont il ramena quantité de photographies. Celles-ci témoignent de l’acuité d’un regard averti, propre à capter la singularité de formations dénudées relevant bien davantage de la géologie que du pittoresque. Leur fixité renvoie à l’intemporalité d’une époque antérieure, autant qu’à l’intériorisation d’une matière d’écriture.

  • L'architecture ou l'art de transformer le réel. (5/9) Changement d'ère

    Le XIXsiècle fut paradoxalement tout à la fois celui de la première révolution industrielle et celui de la naissance du concept de monument historique. Un siècle se conjuguant au futur comme au passé ; l’intérêt pour l’un se nourrissant finalement de la projection dans l’autre. Armés de nouveaux matériaux et de nouvelles doctrines, architectes et ingénieurs lancent alors un défi au temps tandis que la construction semble en passe de s’affranchir de la pesanteur. L’architecture demeure bel et bien un art de la transformation pour peu qu’on la considère au regard de la matière et à l’échelle de l’ouvrage.

  • La résurrection de la barre Cassan. Appel d’offres pour la réhabilitation de la barre Cassan en logements pour étudiants, Paris 5e

    Un appel d’offres a été lancé en 2020 par la RIVP et la Mairie de Paris pour réhabiliter la barre F d’Urbain Cassan séparant l’université de Jussieu du Jardin des Plantes. Plus de 500 logements étudiants viendront s’immiscer dans cette construction en béton désaffectée, mal-aimée et un temps promise à la destruction. Les équipes en lice ont répondu par des propositions qui ressuscitent de manière très différente cette barre maudite et condamnée des années 1960.

  • L’immeuble sur le pavillon. 2 crèches et 25 logements sociaux, Paris 18e

    Maîtres d'ouvrages : RIVP
    Maîtres d'oeuvres : Armand Nouvet, Anne Levallois (chef de projet), Félix Gautherot (étude), Hélène Battini (chantier)
    Entreprises :  BET: structures, Batiserf; fluides et thermique, Espace Temps – Économie : bmf – Cuisine collective : Arwytec – Préventionniste : Batiss – Acousticien : ITAC – Entreprise : AMT – Entreprise cuisine collective : Le Froid Bornet – Espaces verts : Universal Paysage
    Surfaces : SDP totale, 3 764 m2 ; SDP logements, 1 635 m2 ; SDP crèches : 1 635 m2
    Coût : logements, 3,8 millions d’euros HT ; crèches, 4,8 millions d’euros HT 
    Date de livraison :2021

  • Prolonger l'histoire. Transformation d’un immeuble à vocation industrielle en 74 logements sociaux et 2 locaux commerciaux, quai de Valmy, Paris 10e

    Maîtres d'ouvrages : RIVP 
    Maîtres d'oeuvres : FBAA, François Brugel Architectes Associés (François Brugel, Victor DeAlmeida)
    Entreprises :BET structure et économie : cadence ; entreprise générale : Genere
    Surfaces : 4 803 m2 SDP, dont 3 919 m2 SDP logements
    Date de livraison :2022

  • Savoir-faire high-tech

    Se définissant comme des ingénieurs-artisans, Sylvain Quidant et Olivier Mesplomb, qui ont fondé la Cogitech en 2000, conseillent et conçoivent des pièces sur mesure pour le secteur du luxe et du design. Leur champ d’action couvre la conception de mobilier, la réalisation de structures architecturales complexes, jusqu’au développement de matériaux et procédés. La Cogitech a obtenu la distinction EPV (entreprise du patrimoine vivant) en 2014. Avec une équipe d’ingénieurs et d’artisans et un studio de design, Sylvain Quidant et Olivier Mesplomb abordent leurs projets par l’usage et la matière. « Le matériau est placé au cœur du processus créatif, c’est une source inépuisable de transformations et d’inspirations», expliquent-ils. Chaque projet est analysé, testé et prototypé à Dijon dans leur atelier doté d’un parc machine high-tech. Tous types de matériaux y sont travaillés ; fibre de carbone, matériaux composites, bois, laque, verre acrylique, résine, métal, matière minérale. Parce qu’ils maîtrisent les technologies de pointe et les savoir-faire manuels, chacune de leurs réalisations enrichit les projets futurs ainsi que leur matériauthèque. Aujourd’hui, la Cogitech présente deux collections de mobilier en matière minérale minero, exposées jusqu’au 16 décembre 2022 dans leur showroom.