d'a 284

  • À quoi forment nos écoles d’architecture ?

    En 2018, la réforme des études d’architecture transformait les Écoles nationales supérieures d’architecture en « établissements publics enseignement et recherche » pour renforcer la part de la recherche et des disciplines universitaires nourrissantl’enseignement professionnel du projet urbain, architectural et paysager. Cette nouvelle organisation ne réduit-elle pas à la portion congrue l’apprentissage de la discipline architecturale ? Cofondateur de l’agence Brenac & Gonzalez et enseignant à l’ENSA Paris-Malaquais, Xavier Gonzalez est à l’initiative d’une lettre ouverte qui invite à y réfléchir.

  • Carte des ressources sur le territoire lorrain - Entretien avec Christophe Aubertin, agence Studiolada

    Christophe Aubertin, architecte de l’agence nancéenne Studiolada et membre du collectif de la Frugalité heureuse et créative, a entrepris un inventaire des ressources en matériaux sur le territoire lorrain. Cette cartographie vise à servir de support documenté pour le développement de l’architecture en circuits courts dans la région.

  • Circuits courts : un nouveau régionalisme critique ?

    La décision récente du président de la République de confier les modalités de la rénovation énergétique des bâtiments existants à une « task force » réunissant Total, Engie et Schneider Electric sous la direction de Saint-Gobain nous permet une nouvelle fois de mesurer l’influence léonine des lobbies industriels sur le secteur de la construction. En marge de leurs systèmes constructifs normalisés, d’autres manières d’agir sont pourtant possibles, au plus proche des territoires, de leurs ressources et de leurs savoir-faire. Elles renouvellent la production architecturale au prix d’un réapprentissage de l’art de bâtir, en déconstruisant les habitudes industrielles que le XXe siècle nous a léguées en héritage. Elles fabriquent un nouveau régionalisme critique, de nouvelles architectures de résistance, chères à Kenneth Frampton.

  • Des ailes pour Roland-Garros

    Est-il révolu, le temps où il fallait, dans la précipitation, dérouler une bâche pour protéger la terre battue du court central de Roland-Garros, au moment où se jouaient des finales mémorables sous des cieux menaçants ? Parmi les différents travaux de modernisation du site – le nouveau bâtiment de la FFT (Chaix & Morel) et le court Simonne-Mathieu (Marc Mimram) –, le court central Philippe-Chatrier a subi d’importantes transformations. Rénové et rendu confortable pour un montant de 120 millions d’euros par ACD Girardet & Associés (architectes mandataires*), il est désormais doté d’une toiture rétractable et pliante d’un hectare signée des architectes et ingénieurs de l’agence DVVD. Un mastodonte d’acier et de textile de plus de 3 000 tonnes.

  • Du privé au public : Concours pour le Domaine Charlot à Beausoleil

    Beausoleil, une cité atypique qui aurait pu être décrite par Italo Calvino dans Les Villes invisibles. Pour requalifier une ancienne maison de maître et ses jardins, isolés en plein centre-ville, cinq équipes de maîtrise d’œuvre ont tenté d’y insérer un programme d’équipement centrifuge mêlant le social au culturel.

  • D’autres manières d’agir

    Concevoir un immeuble en bois à Bordeaux, près du massif forestier des Landes, fait sens. Mais le réaliser en panneaux de bois contrecollé importé d’Autriche ou en bois lamellé-collé issu de grumes scandinaves débitées et encollées quelque part en Saône-et-Loire laisse désormais perplexe. Sous la pression des réflexions écologiques, la notion de circuits courts s’est développée récemment dans le champ de l’architecture, par analogie au secteur agroalimentaire dont la critique des organisations industrielles est un peu antérieure. Ces nouvelles formes d’accès à l’alimentation visent à rapprocher les producteurs des consommateurs et à limiter les transformations industrielles afin de bénéficier de produits bruts de meilleure qualité, parce qu’ils n’ont pas subi la pression des marges bénéficiaires des différents intermédiaires. Cette démarche favorise aussi une consommation locale, en acceptant la contrainte de la saisonnalité et des limites de l’offre. Elle soutient le développement d’une agriculture paysanne de proximité, souvent biologique.

  • Entretien avec Bernard Tschumi : Transgressions

    Non, cette fois-ci je ne retrouverais pas Bernard Tschumi au Rouquet, boulevard Saint-Germain, le café en partie réaménagé par son père dans les années 1950. La pandémie l’isole à New York. Mais c’est bien lui qui apparaît sur mon écran, devant une bibliothèque sombre et carrée laissant fuir d’un côté une perspective lumineuse.

  • Gerhard Richter, Paysages

    Célébré à juste titre comme un représentant majeur de la peinture allemande de la seconde moitié du XXe siècle, Gerhard Richter n’a cessé de produire une œuvre nourrie par l’image photographique. Ses paysages en témoignent, qui oscillent entre l’un et l’autre de ces modes de représentation. L’ambigüité de ce jeu des apparences est la substance même de son travail.

  • La pierre augmentée : Conservatoire de musique du Pradet - Agence 1984 et Boris Bouchet Architectes

    Le Pradet, petite commune située dans l’aire métropolitaine de Toulon, a inauguré en février dernier un pôle culturel réunissant une bibliothèque, une ludothèque et un conservatoire de musique autour d’une cour arborée.
  • La politique de l’architecture après la Covid-19

    Nombreux sont ceux qui naturellement ont imaginé que l’architecture devait proposer ses solutions « spatiales » à la Covid. Les réponses n’ont pas été liées à la Covid mais ont été dictées par la place prise par le développement durable et animées par un urbanisme de l’émotion qui marque l’époque présente. Si l’architecte peut avoir aujourd’hui encore une fonction politique, c’est en mettant en crise le discours des politiques, au travers de propositions programmatiques qui prennent en charge les conditions réelles. C’est le sens du grand espace commun.

  • Les Sheds, huit colocations étudiantes, Lyon 9e arrondissement

    Maîtrise d’œuvre : Alliade Habitat

    Maîtrise d’ouvrage : A-MAS (architectes) ; Tempartner (BET fluides) ; Icoba (BET structure) ; Ecometris (économiste)

    Entreprise générale : Bouygues Bâtiment Sud Est (TCE)

    Programme : 8 colocations étudiantes

    Lieu : 5, rue du 3-septembre-1944, Lyon 9e

    Surface : 880 m2 SDP

    Coût : 1 636 400 euros HT

    Livraison : 2020

  • L’art du module : Accueil touristique de Plainfaing, Studiolada

    L’accueil touristique de Plainfaing est un petit édifice manifeste des circuits courts en Lorraine. Il est construit en grès rose des Vosges issus la carrière de Bleurville et sa charpente est faite de bois locaux. Christophe Aubertin de l’agence nancéenne Studiolada s’y est livré à un jeu de construction élémentaire.

  • L’hypothèse de la réhabilitation : Transformation d’une colonie de vacances en treize logements, Villard-de-Lans

    Maîtrise d’œuvre : Atelier multiple ;BET fluides & acoustique, Thermibel ; BET structures béton et métal, Delta ingénierie ; structures bois, Bois conseil ;mission chantier et OPC, Études et constructions

    Maîtrise d’ouvrage : PR Invest

    Entreprises : gros œuvre et maçonnerie, Giraud-Marchand ;charpente, Royans Charpente

    Surface plancher : 1 050 m2

    Coût : 1 550 000 euros HT (immeuble) + 250 000 euros HT (10 box auto, VRD, paysage)

    Calendrier : début des études, mai 2017 ; livraison, juin 2020

  • Maraîchages intra-muros : La ferme du rail - Grand Huit

    Ce projet lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt « Réinventer Paris » est un laboratoire pour le développement de l’agriculture urbaine. Installé dans un site enclavé du XIXe arrondissement de Paris, le long de la petite ceinture, il réunit une serre, un restaurant, des services de jardiniers et des logements autour d’une parcelle maraîchère.

  • Matériaux en façades : Mailles, motifs, compositions et assemblages

    À l’interface entre le contexte et le programme, la façade d’un bâtiment incarne le récit d’un projet. Alternant parties opaques ou transparentes, elle résulte d’un long processus qui peut justifier l’emploi d’un système, d’un ou plusieurs matériaux. Ce dossier pointe une sélection de bâtiments hétérogènes qui tantôt présentent des analogies, tantôt se distinguent par le traitement spécifique de leur peau ou double peau. On observe un attrait pour la monomatière et une attention portée aux éléments standards – pour leur fiabilité –, manuportables et proches de l’artisanat. À la fois pour des questions de calepinage et d’assemblages mais aussi pour des raisons de facilité de mise en œuvre et de rationalisation économique. Dans un dossier comme celui-ci, une grande place est accordée aux bardages, rappelant les avantages thermiques d’une façade ventilée. Enfin, peut-être grâce à Google Maps et aux photographies par drone, l’intégration du traitement de la couverture – la cinquième façade – semble devenu incontournable pour ancrer le projet au plan-masse.

  • Nouvelles richesses : Expérimenter les circuits courts dans les Vosges

    La région des Vosges, riche d’un patrimoine forestier important et sous-exploité, offre à l’étude un certain nombre de projets expérimentaux qui tentent d’initier une démarche de circuits courts à partir des ressources locales. Autant que la forêt elle-même, ce sont les métiers et les savoir-faire restés dans l’angle mort de la modernité qui sont réinterrogés. Les quatre projets présentés ici explorent la possibilité de bâtir selon des techniques de construction non industrielles, à partir des ressources naturelles et humaines d’un territoire. Leurs développements constituent une forme originale de recherche et d’innovation constructive.

  • Par procuration : La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale

    Maîtres d’ouvrage :Ville de Clermont-Ferrand

    Maître d’œuvre :Eduardo Souto de Moura Architecte + François Bouchaudy (Bruhat & Bouchaudy associés)

    BET : EGIS, Tribu HQE

    Scénographie : Félix Lefebvre (Kanju)

    Acousticiens : Eckhard Kahle (Kahle Acoustic) + Salto Ingénierie

    Programme : salle de spectacle de 878 places, salle modulable, studio de répétition, loges, espace de médiation, restaurant, administration…

    Surface utile :9 298 m2

    Coût : 31 millions d’euros

    Calendrier : projet 2016-2017, construction 2017-2020

  • Raum : Situations construites

    Le collectif, envers et contre tout. Les individualismes au second plan. L’axiome qui fit les grandes heures du football nantais dans les années 1980 sied aujourd’hui plutôt bien à l’état d’esprit de l’atelier Raum1.Derrière ce patronyme allemand et neutre se cache l’agence fondée à Nantes par Benjamin Boré, Thomas Durand et Julien Perraud qui, pour l’heure, peut se prévaloir d’un parcours sans faute.

  • Revisiter les savoirs du charpentier : Halle de Faverges - Atelier Nao

    Mi-halle, mi-église, l’atelier Nao a réalisé à Faverges, près d’Annecy, une nef qui assemble une forêt dense de petits bois locaux. Les concepteurs s’appuient sur les savoir-faire ancestraux du métier de charpentier et les transcendent dans une écriture architecturale contemporaine qui cherche à dépasser, sans les disqualifier, les méthodes modernes de la charpente bois du XXe siècle.

  • Si l’échec est un but, la transition écologique du BTP pourrait être un chef-d’œuvre

    Des conflits d’intérêts,

    Une « task force »,

    Un rapport secret,

    Une mise en œuvre de plus en plus cryptique,

    Et la certitude de dépenser 7 milliards au profit d’une industrie qui continue d’évoluer dans la plus grande impunité environnementale…

    La rénovation énergétique du bâtiment s’inscrit-elle encore dans la stratégie nationale bas-carbone ?