Ils disent la place et l’apport, pour
eux, différents pour chacun, de Le Corbusier. Une génération les
sépare, qui voyait la modernité passer à la postmodernité. Pour
le premier, Le Corbusier était la référence, la figure unique à
l’École de Porto. Pour le second, on n’en parlait presque plus.
Alors, ils feront le parcours inverse : Siza, de l’oublier un
peu pour s’en saisir à nouveau ; Souto de Moura, de s’en
saisir quand il était négligé.
Il se trouve qu’ils sont arrivés au
point de l’avoir dans la peau, l’un et l’autre, au calme, une
fois la foule, le vent des louanges et des reproches passés, comme
il arrive toujours aux maîtres.
Il se trouve qu’ils eurent un maître
pour leur en parler : Fernando Távora (1923-2005), passage pour
une modernité hétérodoxe, croisement du feu et de l’eau, de ce
qu’il y a de moderne dans la tradition et vice-versa. Que Le
Corbusier était de taille et que l’histoire, l’histoire
portugaise aussi.
Alors, à l’endroit de leur parcours,
de leur architecture et des héritages parfois contradictoires qui
les traversent, Álvaro Siza et Eduardo Souto de Moura relatent ce
qu’ils doivent à Le Corbusier. (...)