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  • "OMA/Progress " au Barbican Centre à Londres

    Lorsqu'une très célèbre agence d'architecture demande à un collectif aussi jeune qu'inclassable de la mettre en scène, le choc des générations s'annonce prometteur. L'exposition qui se tient au Barbican Centre à Londres jusqu'au 19 février 2012 sous le titre « OMA/Progress » est de ce point de vue l'un des événements de l'hiver. Valéry Didelon y revient ici, avant de s'attarder, dans notre prochain numéro, sur une autre grande exposition consacrée dans la capitale anglaise au postmodernisme.

  • Ciel artificiel : lumière biodynamique au Musée national romain

    Au-delà de la vision, la lumière joue un rôle fondamental dans la régulation du cycle veille-sommeil (cycle circadien). Elle déclenche, sous certaines conditions, la production d'hormones indispensables à l'équilibre biologique. À la fin des années quatre-vingt, la société iGuzzini a développé des appareils d'éclairage corrigeant les rythmes circadiens altérés par le travail nocturne ou les déplacements intercontinentaux. Peu diffusé dans le monde auquel il était destiné, le système vient de trouver un nouveau domaine d'application dans la muséographie. La vision n'est pas la seule fonction de l'œil. 

  • Concours "Edf Bas Carbone" 2011 : le domaine de l'énergie élargi au quartier

    Après trois sessions focalisées sur le bâtiment et passées à récupérer l'énergie tous azimuts, par tous les moyens possibles, le concours « EDF bas carbone » change d'échelle en élargissant sa réflexion au quartier tout entier. L'inventaire est désormais connu, sinon éprouvé, des systèmes thermodynamiques susceptibles de couvrir les besoins du bâtiment avec l'assistance de l'électricité. 

  • Feuilles de carrelage en 3 mètres de long

    Dalle de grès laminé grandes dimensions. Epais de 3,5 mm, ce carrelage d'intérieur est disponible en plaque carrées d'un mètre de côtés, ou rectangulaire de 3x1 mètres. Proposé en blanc ou en noir. Ingelif, résistance à l'attaque chimique ULA-UHA, Classement anti-taches 5. Adapté au résidentiel et aux espaces publics.


    Cotto D'Este

    Kerlite

  • La maison Stine à Bruxelles

    Avant même leur mise en chantier, les maisons de Pierre Hebbelinck possèdent souvent une histoire qui s'imbrique étroitement avec celles de leurs futurs occupants. Ainsi, le cube en acier Corten de la maison Dejardin, près de Liège, a directement impliqué le père de son propriétaire, un métallurgiste qui a réalisé en atelier les quatre pièces de la coque porteuse avant de les assembler sur place. Ici, à Bruxelles, une profonde complicité associe le maître d'œuvre à son client, Laurent Stine, auteur du documentaire "Qui n'a pas peur de l'architecture ?", un véritable manifeste en faveur de l'architecture émergente en Belgique francophone.


    HISTOIRES
    Tout en bénéficiant d'une vue spectaculaire sur le territoire alentour, le site présentait deux difficultés majeures : la nature de son sol, une pente sablonneuse instable, et une servitude de passage grevant la parcelle. L'architecte, lui-même éditeur (éditions Fourre-Tout), a su s'appuyer sur ces deux contraintes pour penser le processus de construction de son bâtiment comme un véritable scénario de livre.
    Plusieurs de ses maisons ont d'ailleurs fait l'objet d'ouvrages aussi inventifs qu'étonnants, toujours rigoureusement construits autour d'une narration.
    Le sol très instable rendait impossible tout travail traditionnel de terrassement. D'étroites tranchées ont donc été chirurgicalement creusées pour couler les murs du garage qui soutiennent la terre et ancrent la construction dans le territoire. Une pelleteuse a ensuite dégagé l'espace interne. Comme si cette naissance se constituait au travers d'une exhumation. Sur cette fondation s'est établie une construction cubique abritant, sur trois niveaux, les pièces principales. Elle présente latéralement un appendice plus bas qui correspond aux pièces de service, notamment à la cuisine. L'intégrité de cette forme pure est ainsi pondérée par une adjonction qui l'inscrit dans un ordre urbain à l'intérieur même des limites de la propriété. Ce volume supplémentaire assure la jonction avec les maisons mitoyennes et transforme en promenade la servitude de passage qui coupe la parcelle en deux.


    DROIT À L'EXISTENCE
    Le minimalisme du mur-rideau industriel en verre collé de la façade sud du bloc principal est aussitôt démenti par le brutalisme exacerbé de ses murs latéraux. Ces derniers se revêtent d'un parement de briques fabriquées dans la région. Certaines d'entre elles sont brisées et se retournent aléatoirement afin d'exposer leur boutisse éclatée. Les assises de leurs lits sont marquées par des joints baveux, imposant au maçon chargé de leur mise en oeuvre une pratique de posage totalement inusitée. Absence d'épaisseur et épaisseur, tradition et invention semblent porter à leur paroxysme les contradictions de ce petit édifice.
    Ailleurs, chaque élément tend à se dupliquer, à trouver son double fantomatique. Ainsi, le cube qui sort du sol pour aller à la rencontre de la lumière trouve un frère dans l'adjonction qui lui permet de s'aligner sur les constructions existantes. La circulation centrale, qui dessert comme un arbre les différents plateaux habitables, possède elle aussi son écho. Elle est doublée par une circulation extérieure qui tourne en spirale autour de la construction : ses volées d'escalier lancées à l'assaut des pentes en terre et des volumes de
    brique font de chaque étage un plateau autonome. Le garage, les chambres des enfants, le séjour et la cuisine, la chambredes parents et le bureau sont ainsi tous directement accessibles de l'extérieur.
    En proie à ses contradictions, à ses réflexions, cette maison discrètement anthropomorphique semble revendiquer un droit à l'existence. Comme dans les contes pour enfants, elle paraît prête à marcher ou à parler.


    MÈTIS

    À l'intérieur, les murs sont uniformément peints en blanc et le sol recouvert d'un parquet en bois naturel. Mais ce traitement austère est contredit par l'utilisation d'audacieux subterfuges. Le recours ponctuel à la peinture argentée fait disparaître, comme par prestidigitation, certains murs de refend. Des miroirs amplifient les perspectives. Les portes extérieures vitrées, capotées de feuilles d'aluminium perforées, offrent des transparences aléatoires. Chaque niveau se présente comme un labyrinthe tendant vers l'infini. À l'extérieur, de multiples interventions hétérogènes viennent atténuer l'image minimaliste des deux volumes de brique aux arêtes acérées. Vue du dehors, la fenêtre de la cuisine semble monter jusqu'à la toiture afin d'accorder à la pièce les proportions d'un espace industriel, alors qu'elle ne recouvre que le garde-corps de la terrasse encastrée dans le volume. Lointain cousin des boîtes de ventilation conçues par Le Corbusier pour le couvent de la Tourette, un caisson en aluminium contigu à la baie vitrée présente un ingénieux mécanisme à vis assurant l'aération de la chambre. Tandis que sur la terrasse accessible, une descente d'eau pluviale sert de butoir aux deux portes métalliques jumelles, l'une menant à la chambre des
    parents, l'autre au bureau du cinéaste. Cette construction semble relever essentiellement d'une pensée pragmatique. Une pensée qui cherche à établir des relations de sympathie entre des choses habituellement
    dissociées, comme la mémoire et la matière. Une pensée corporelle et non conceptuelle, qui s'apparente à la Mètis. Ce mot désigne à la fois une divinité, la mère ambiguë d'Athéna, déesse de la raison, et une forme d'intelligence pratique à laquelle les hellénistes Jean-Pierre Vernant et Marcel Détienne ont consacré un ouvrage en 1974, Les Ruses de l'intelligence. La Mètis des Grecs. Cette intelligence instinctive fonctionne
    sur le modèle des techniques les plus archaïques par lesquelles on bricole des pièges pour mieux maîtriser un monde aussi fluctuant qu'inconnaissable en se rendant semblable à lui. Le monde fuyant qu'Ulysse polymètis a su imiter et soumettre dans son odyssée, en usant du mensonge et de la ruse pour parvenir à ses fins, comme dans l'épisode du Cyclope. Au-delà du résultat, que l'on peut trouver beau ou laid, cette manière de construire, empruntant et métissant toutes sortes de stratagèmes, nous fait ainsi subrepticement miroiter un monde ondoyant et instable qui gît, toujours invaincu, sous le monde idéalisé et stable imposé depuis des millénaires par la métaphysique platonicienne. Au-delà des questions de forme, d'espace ou de structure qui obnubilent la plupart des architectes contemporains, cette démarche nous fait entrevoir une autre manière de concevoir. Loin du concept et de la vue, le plus abstrait des sens, elle s'affirme comme un art à la fois proche de la narration – tissant les aspérités de la vie des occupants avec des mises en œuvres insolites – et du toucher, en jouant sur le lisse et le rugueux pour mieux provoquer
    l'épiphanie d'un monde sensible oublié.



    Maîtres d'ouvrages :  Laurent Stine et Elisabeth Gybels
    Maîtres d'oeuvres :  Atelier d'architecture Pierre Hebbelinck/Pierre de Wit.
    Entreprises :  Dereymaeker, Smet F&C, MMC, Deflandre Chauffage, KS Seppu, Jacky Dederix
    Surface :  250 m² habitables + 60 m² de garage
    Date de livraison :2011

  • Les bonnes étoiles de Clément Vergély

    Les bâtiments récemment livrés par Clément Vergély dans le Grand Lyon s'y distinguent par la pertinence de leurs implantations et l'élégante sobriété de leur architecture. Leur exceptionnelle qualité d'exécution contraste avec la décontraction avec laquelle l'architecte en narre la conception et la construction. Quand d'autres la décrivent comme un sport de combat (contre la maîtrise d'ouvrage, les entreprises ou les normes…), lui semble pratiquer l'architecture comme un jeu fait de belles rencontres, de hasard ou de stratégies, mais aussi comme un métier d'art impliquant patience du dessin, goût des beaux matériaux, précision de la mise en œuvre.


  • Les nouvelles années lumières: 2 - La lumière naturelle

    Il y a vingt ans, L'Architecture d'Aujourd'hui consacrait un numéro thématique à la lumière naturelle. C'était l'époque où le néo-modernisme triomphait enfin d'un postmodernisme dans son dernier souffle, l'époque où l'on renouait avec l'émotion des formes correctes, magnifiques et surtout blanches – sous le soleil.

  • Montage à sec pour vides sanitaires

    Système de dalles modulaires montées à sec sur support en polypropylène. Epaisse de 20mm, les dalles de gré-cérame antidérapantes sont réctifiées et de format carré. Préconisé pour les applications d'extérieur nécessitant l'installation d'un vide sanitaire pour passage de cable et de canalisation, dans le domaine privé (cours, balcons, jardins) ou public (terrasses d'été des cafés et de restaurants). 
    Format: 60x60cm.
    Coloris disponibles: blanc, gris, beige, brun, anthracite.


    Aextra

    Caesar


  • Normer ou solutionner ?

    Casse-tête pour les architectes, les normes« handicapés » ne satisfont pas toujours les personnes à mobilité réduite (PMR). Elles nuisent aux qualités spatiales, sans garantir l'accessibilité de tous. Les dérogations permises dans l'existant ou les établissements recevant du public (ERP) sont interdites dans le logement neuf, où des normes inadaptées entraînent souvent des surcoûts de travaux. Que préconise Denis Thélot, architecte libéral et architecte instructeur des permis de construire, au service des architectes sécurité de la préfecture de police de Paris ?
  • Odes des ténèbres

    La Fondation EDF accueille « Sept fois plus à l'Ouest », une exposition conçue par Yann Kersalé. Elle déploie l'univers de cet artiste et poète qui sculpte la nuit avec la matière de la lumière. Il y met en jeu un projet construit dans le temps, avec le temps. Lumière n'est pas qu'éclairage. La première appartient aux cycles des saisons et des jours, dont elle marque les scansions. Le second n'est qu'un substitut, une illusion de jour, destiné à gommer la nuit et à en écarter les frayeurs. L'une est vivante : elle palpite au gré des humeurs changeantes de l'atmosphère et du ciel.

  • Tempête dans une dent creuse : Neuf logements et un commerce à Paris

    Tout commence en 2006, lorsque la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) sélectionne l'agence d'Agnès Cantin et Sandra Planchez pour s'attaquer à une dent creuse du XVIIIe arrondissement de Paris, encadrée par deux molosses. D'un côté, l'hôtel Mathagon, un édifice du XVIIIe siècle menaçant ruine. Il sera rénové par le même maître d'ouvrage mais pris en charge par un autre architecte, Olivier de Certeau. De l'autre, une imposante résidence, typique de la promotion immobilière des années soixante-dix. En application de la règle habituelle, l'étude de définition préconise de construire un premier immeuble sur rue et un second corps de bâtiment à l'arrière. Une solution peu adaptée à cette portion de la rue Marcadet marquée par des retraits successifs, et qui aurait conduit à orienter la majorité des logements plein nord, sans parler des vis-à-vis. À l'inverse, Agnès Cantin et Sandra Planchez proposent de profiter de la cour attenante de l'hôtel Mathagon pour élargir ce vide et faire respirer leur parcelle. Dès lors, le bâtiment adopte un plan en L afin que les appartements bénéficient tous de la lumière de l'est, avec une double ou une triple orientation.


    La prudence de la RIVP et l'expérience des architectes sur une opération similaire les convainquent de tout faire pour éviter les recours au permis de construire. Car la course à la densité à laquelle se livre la Ville de Paris ne va pas sans frictions dans ces quartiers déjà très denses. S'engagent alors six mois de négociations directes avec les riverains. Les deux architectes distribuent des flyers pour inviter ces derniers à des réunions de concertation. En mairie, elles expliquent leur parti à l'aide de présentations PowerPoint. Mais les habitants se fichent de savoir que les règlements autorisent à construire haut en mitoyenneté de la résidence de dix étages : ils tiennent à leur soleil du matin. L'émergence de deux étages est négociée centimètre par centimètre. Elle est finalement réduite à une peau de chagrin afin d'apaiser le voisinage. Il faut dire qu'en lieu et place du petit garage abandonné qui occupait la parcelle, certains s'étaient imaginé qu'un jardin pourrait être aménagé. Pour faire pencher la balance en faveur du projet de la RIVP, le maire promet que toutes les toitures seront végétalisées, quitte à ce que l'evergreen (pas toujours vert) tienne davantage de l'incongruité que de la belle pelouse sur des surfaces si réduites. Le projet perd finalement un logement et tout est à redessiner, mais le permis de construire est accepté du premier coup. On est alors en 2008, en pleine montée des préoccupations environnementales. Cantin et Planchez, qui ont fait le pèlerinage du Vorarlberg, anticipent le durcissement des normes thermiques. Les réglementations « handicapés » proscrivant toute subtilité en coupe pour de tels programmes, c'est sur le plan et les façades qu'elles concentrent leurs efforts. Côté rue, au nord, l'immeuble se carapace dans une enveloppe d'Aluzinc. Des persiennes permettent de se protéger des regards et du froid. Du côté de la percée, en revanche, là où les appartements prennent leur lumière, les architectes ouvrent des baies toute hauteur vers l'hôtel Mathagon. Les pièces se prolongent par des balcons filants, un dispositif aujourd'hui onéreux car il ne peut plus être mis en oeuvre sans de coûteux rupteurs de ponts thermiques. Mais Agnès Cantin et Sandra Planchez s'adaptent à la situation de la parcelle. La découpe en forme de zigzags des balcons découle directement du plan des logements. Ici, une chambre impose d'avoir un certain recul (6 mètres) : le bâtiment s'écarte de ses voisins. Là, des salles d'eau ne nécessitent pas autant de dégagement : il se rapproche alors des autres. Devant les séjours, les balcons s'élargissent, on peut y mettre une table. Ailleurs, ils sont étroits, on ne fait que passer ou se pencher. Cette différenciation de deux types de façade, fondée sur l'usage et l'orientation plutôt que sur l'ostentation, est soulignée par la ligne de rive de l'enveloppe d'Aluzinc. Épaisse comme la couche d'isolant qu'elle capote, elle affirme la silhouette caractéristique du projet. Positionné sur le point d'inflexion d'un méandre de la rue Marcadet, le double visage du bâtiment prend tout son intérêt. Qu'on la remonte ou qu'on la descende, il se situe exactement dans la perspective de la rue, offrant à la vue tantôt ses balcons dansants, ouverts à l'appropriation, tantôt sa cuirasse miroitante. À l'heure du bilan, cinq ans après le début des études, si les architectes peuvent être satisfaites de leur réalisation, il n'en va pas de même de leurs finances. À force de temps passé à négocier et à redessiner, difficile en effet de s'y retrouver. Pour une petite structure, gérer un projet sur une telle durée, avec son alternance d'attente et d'effervescence, se transforme vite en casse-tête. Aussi, lorsque le maire d'arrondissement oublie de citer votre nom dans son discours d'inauguration, impossible de ne pas se laisser gagner par l'amertume. Les difficultés inhérentes au marché du logement social amènent ainsi bon nombre d'architectes à s'en détourner dès qu'ils peuvent présenter leurs premières références construites, sésame pour accéder à des commandes plus valorisantes. Alors que c'est bien parce qu'il est si contraignant et tendu que ce marché requiert leur savoir-faire


    Maîtres d'ouvrages :  RIVP
    Maîtres d'oeuvres :  l'agence d'à côté (Agnès Cantin, Sandra Planchez Associées; Thibault Marca, chef de projet)
    Surface SHON :  950 m²
    Cout :  2,1 millions €
    Date de livraison :2011

  • Xavier Dumoulin, derrière les lumières de la ville

    De la marche à la photographie, il n'y a qu'un pas. Ancien guide de montagne devenu photographe à plein temps depuis trois ans, Xavier Dumoulin s'interroge en images, comme beaucoup d'auteurs de sa génération, sur le rapport de l'homme à son environnement. Xavier Dumoulin devient photographe sur le tard, à trente-quatre ans, après une première vie vagabonde.