Le formidable essor que les
théoriciens et historiens de l'art ont apporté à la pensée du
paysage ces vingt dernières années a occulté des pistes de
recherche prometteuses issues d'autres horizons disciplinaires.
L'idée selon laquelle le paysage est une « invention de
l'art » est devenue une sorte de vulgate dans le milieu des
disciplines du projet urbain et paysager, alors même que les
pratiques professionnelles ne sauraient se contenter d'une
conception certes séduisante, mais souvent éloignée des exigences
de leur métier. Fruit d'une réflexion issue de la rencontre d'un
épistémologue et historien de la géographie avec les disciplines
du projet, l'ouvrage de Jean-Marc Besse, Le
Goût du monde,
ouvre opportunément le monde paysager à des horizons jusqu'alors
trop peu fréquentés, sinon inédits.