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  • Alan Harald Colquhoun. 1921-2012

      Architecte, critique et historien, l'Écossais Alan Harald Colquhoun né en 1921 vient de mourir. Il a été à la fois l'acteur et le témoin attentif de plus de cinq décennies d'histoire de l'architecture. Diplômé de l'AA en 1947, il participe activement à l'effervescent milieu architectural londonien de l'après-guerre, aux côtés de Colin Rowe, Thomas Stevens, Joseph Rykwert, Robert Matthew, Reyner Banham, etc. Livrant ses premiers articles au début des années soixante dans Architectural Design, il fonde parallèlement son agence avec John H. Miller, produisant, jusqu'à la fin des années quatre-vingt, une architecture précise, forte et socialement engagée. Esprit libre, curieux et mesuré, Colquhoun a su garder son indépendance vis-à-vis des modes et des courants qu'il a côtoyés (Team X, postmodernisme, néomodernisme, critical theory, etc.). Professeur émérite de l'université de Princeton, son œuvre d'historien explore patiemment les contours nébuleux de « l'architecture moderne ». Un an après la publication en français de son Oxford History of Modern Architecture et au moment où paraissait à Londres le recueil de ses articles, Alan Colquhoun avait accordé un long entretien à la toute nouvelle revue Criticat. D'a en avait publié un extrait que voici.
  • Architecture et psychanalyse

    La psychanalyse a toujours aimé filer la métaphore architecturale. Freud le premier en a fait un large usage. Ses héritiers ont volontiers tiré sa découverte du côté d'un imaginaire où cette métaphore devient de plus en plus présente : le moi serait bâti comme une maison, avec portes, fenêtres, caves et greniers – sans oublier les placards !
    Pourtant si l'on regarde l'œuvre princeps de Freud, L'Interprétation des rêves, les choses ne sont pas si simples.
  • Architecture et psychanalyse : D'une construction à l'autre

    L'un des articles de la fin de l'œuvre de Sigmund Freud s'intitule : « Les constructions dans l'analyse1 ». À partir de ce terme qui relie un aspect du champ de la psychanalyse à celui de l'architecture, j'avancerai plusieurs questions. Que signifie cette notion de construction pour Freud et pour les psychanalystes aujourd'hui ? S'agit-il d'une notion pouvant avoir une pertinence pour une réflexion sur l'architecture ? De façon plus générale, le savoir issu de la psychanalyse peut-il apporter un éclairage au travail de l'architecte ? On parle d'intérieur à propos du chez-soi et d'intériorité à propos du soi. Ce rapprochement est-il toujours d'actualité avec Lacan, puisqu'il conçoit le sujet comme une surface soumise à une série de plis et de torsions, comme le sont la bande de Möbius ou d'autres objets topologiques ? L'architecture peut-elle être mise en parallèle avec l'inconscient dans la mesure où, comme ce dernier, elle serait structurée comme un langage ?
  • Architecture et psychanalyse : Des points communs...

    L'amour de la lettre pourrait bien être le trait qui rassemble psychanalystes et architectes. La lettre que l'on trace sur une page, la lettre dans son corps, son dessin. Mais aussi en tant que graphème, c'est-à-dire en tant que valeur dans un système de notation graphique. Car c'est par l'inscription d'une ou plusieurs lettres qu'un bout de matière devient une production signifiante, tout en restant encore et toujours de la matière, comme c'est par le bâti que la terre devient territoire, tout en restant encore et toujours de la terre.
  • Architecture et psychanalyse : Le corps de l'architecte

    Faire dialoguer architecture et psychanalyse autour de ce point de leur rencontre qui est le corps. Ce corps auquel les architectes ont à offrir un espace où puisse s'accomplir pleinement le sens du verbe « habiter » et où l'acte de bâtir trouve son point d'origine et sa justification. Ce corps qui ne se confond pas avec l'organisme des médecins et qui est ce par quoi l'humain s'ouvre… à l'air, à la nourriture, au son, à la lumière, mais aussi et surtout à l'autre et au langage. C'est parce l'homme possède un corps et non uniquement un organisme qu'habiter est pour lui tout autre chose qu'occuper un espace.
  • Architecture et psychanalyse : Les limites de la métaphore architecturale.

    L'architecture a toujours suscité l'intérêt des psychanalystes en raison de sa valeur privilégiée de métaphore des processus de l'inconscient. Or la métaphore est, en elle-même, une figure propre au langage. Elle recourt à des images pour exprimer des choses impossibles à dire autrement. C'est précisément ce que font les rêves, mais aussi les mythes, les légendes, les récits, qui tous font partie du matériel auquel s'est intéressée la psychanalyse. Et les cultures même les plus exotiques en apparence se rejoignent sur l'usage de certaines figures métaphoriques comme celle, précisément, de l'architecture. C'est ce que montre ici un exemple tiré du patrimoine de la Chine ancienne. Il nous rappelle que les processus de l'inconscient se manifestent de façon assez similaire dans des lieux ou des temps très divers mais aussi que l'architecture (quand elle n'est pas celle des architectes) n'est jamais, dans la langue de ceux qui en parlent, que ce qu'elle est : à savoir une métaphore, une construction du langage.
  • Architecture et psychanalyse : Rêver, habiter, parler aujourd'hui

    Yann Diener a recueilli des fragments de propos d'architectes et de psychanalystes autour de mêmes questions (habiter l'espace, habiter son corps, habiter le langage) et les a articulés, en les alternant. Cette méthode n'est pas sans rappeler celle d'un Walter Benjamin qui, dans son livre sur les passages, juxtapose des citations selon le principe d'un montage se passant de tout commentaire. Le but est ici d'éviter d'enfermer les différents propos dans le carcan d'une interprétation univoque. Le lecteur pourra ainsi lire ces citations dans l'ordre proposé ou les parcourir autrement. Comme des fragments d'un ou de plusieurs rêves qui donnent à lire un texte nouveau selon que l'on modifie leur agencement, l'interprétation et le commentaire émergeront après coup de ces parcours comme le produit de lectures à chaque fois singulières.
  • Fabio Gramazio et Matthias Kohler : "Matières digitales"

    Le projet de la jeune agence zurichoise Gramazio & Kohler pour le concours du pavillon Seroussi avait été remarqué lors de l'exposition à la Maison Rouge à Paris (voir d'a n° 167, octobre 2007). Il se démarquait nettement des formes biomorphiques qui caractérisent le plus souvent les recherches de l'architecture «non-standard ». Il représente une synthèse du travail que l'agence développe depuis sa création, en adoptant une attitude nouvelle vis-à-vis de l'outil digital.
  • Jürgen Nefzger, « Restituer une expérience du paysage »

    Les images de Jürgen Nefzger ne dressent pas l'état des lieux d'un monde toujours plus chaotique. Elles restituent une expérience d'un paysage contemporain dont tous les éléments, même les centrales nucléaires, se sont banalisés. Cet effacement du spectaculaire permet au spectateur d'interroger l'essentiel, l'appropriation par l'homme de son environnement et sa capacité d'adaptation aux situations les plus diverses.