d'a 142

  • Concours et consultations d’architectes en question

    «C'est pas toi qui es beau, c'est pas toi qui y es », dit la chanson. Dur à avaler quand on « se voyait déjà en haut de l'affiche » ! Quelle que soit la taille des agences, gagner un concours change la donne, et ce mode d'attribution de la commande est plébiscité comme l'un des meilleurs. Le caractère impitoyable de la règle du jeu – et sa répétitivité – n'en suscite pas moins moult déconvenues, car si les marchés publics donnent chaque année lieu à près d'un millier de compétitions pour une moyenne de trois candidats non retenus par concours, cela représente 3 000 projets non réalisés. Apprécier les points forts et les points faibles de la procédure est d'autant plus malaisé que les avis varient au gré de l'affectivité liée aux résultats. L'adrénaline aidant, on peut vanter les mérites des concours ou dénoncer leurs effets pervers. Mais, alors que certains architectes se réorientent vers la commande privée, on peut s'interroger sur ce que deviendrait la production architecturale s'ils n'existaient plus. Notre objectif  est d'esquisser un état des lieux et de confronter des points de vue. Nous tenterons de démêler l'intérêt des divers types de procédures et d'attirer l'attention sur les bévues à éviter. Nous reviendrons sur la question de l'anonymat.
  • Guillaume Herbaut, à l’Est toutes

    Photoreporter, membre fondateur du collectif l'Œil public, lauréat du premier prix Lucien et Rodolf Hervé, il est considéré comme l'un des photographes les plus doués de sa génération. Régulièrement publié dans la presse internationale, Guillaume Herbaut renouvelle l'écriture du photojournalisme à travers des reportages sociopolitiques portés par une double approche, documentaire et plastique.


  • Le Grand Théâtre de Lorient

    Maître d'ouvrage : Ville de Lorient
    Maîtrise d'œuvre : Henri Gaudin, architecte,
    avec Marceau Lépinay et Olivier Werner ; ingénierie, OTH Ouest ; économie, OPC ; scénographe, Michel Rioualec ; acoustique et conseil, éric Gaucher, B.E.Acoustique ; éclairagiste, l'Observatoire
    Programme en surfaces utiles : Grand Théâtre, salle de 1 042 places, 800 m2 de halls et foyers ; maison de l'artiste (1 037 m2) ; café (190 m2) ; médiathèque (330 m2) ; bureaux (127 m2).
    Soit une shon de 9 251 m2
    Coût : 14,1 millions d'euros H.T., dont 2,2 pour la scénographie
    Concours : mai 1999 ; livraison : mars 2003

  • Le système des concours d’architecture

    En vingt-cinq ans, la politique des concours publics a modifié les modalités d'attribution de la commande. Elle a révélé des talents et instauré un débat destiné à faire évoluer la qualité des équipements publics. Mais si pour le maître d'ouvrage organiser une consultation n'est pas si simple, concourir relève aussi d'une véritable course d'obstacles pour les architectes. à l'heure où la question de l'anonymat est de nouveau d'actualité et où certains architectes issus de la filière publique se réorientent vers le privé, nous avons souhaité ouvrir le débat en analysant les points forts et les points faibles des divers types de consultations, en nous interrogeant sur quelques points clés comme la notion de « meilleur projet » et les compétences des jurys, en regardant vers l'étranger et en donnant la parole aux architectes afin qu'ils expriment leurs points de vue.
  • Mérites et limites des procédures publiques

    Libre accès à la concurrence, égalité de traitement, transparence des procédures : trois règles devraient toujours prévaloir au choix du maître d'œuvre d'un projet public. Selon les enjeux et le montant des marchés, plusieurs procédures définies par le Code des marchés peuvent s'appliquer. En 2004, sa révision a renforcé le rôle des acheteurs publics invités à plus de responsabilité mais aussi plus de souplesse quand ils lancent un projet. Nous passons en revue ci-après les procédures les plus courantes, leurs avantages et leurs inconvénients, en sachant que si concours et marchés de définition simultanés assurent la remise de prestations rémunérées, procédures négociées (adaptées ou spécifiques) et appels d'offres sont jugés à partir de la seule évaluation des « compétences, références et moyens » des candidats, suivie d'un ou de plusieurs entretiens. Nous n'aborderons pas ici les marchés en conception-réalisation ni les PPP (contrat de partenariat public-privé). Signalons toutefois que dans le cadre des PPP portant sur une offre associant conception, travaux, exploitation et financements, une première étape de conception peut être disjointe du contrat de partenariat.
  • Quand le privé s’en mêle

    A la MIQCP, Luciana Ravanel a participé activement au lancement et à la diffusion de la politique des concours. Conseil auprès de maîtres d'ouvrage et d'architectes après avoir dirigé l'IFA, elle évoque aujourd'hui leur évolution. « Les concours lancés dans le cadre de la politique exemplaire de la MIQCP reposaient à l'origine sur des rendus légers. La moitié des membres des jurys étaient architectes, et les maîtres d'ouvrage sélectionnaient plus souvent cinq équipes que trois. Aujourd'hui, les prestations requises sont trop lourdes, et une consultation sur dossier avec audition est parfois préférable. En outre, la commande publique se raréfiant, d'autres champs de réflexion s'ouvrent aux architectes. Lorsque, dans les villes, les aménageurs sont véritablement soucieux de qualité urbaine et architecturale, ils mettent en concurrence des promoteurs privés, et l'architecture devient alors un atout décisionnel qui l'emporte sur la notion de moins-disant. »
  • Qu’en disent les architectes?

    Les concours, les consultations et leur évolution
    Rudy Riciotti : Les points forts submergent les points faibles. S'il y a du crétinisme chez les décideurs, c'est que les architectes leur servent la soupe. Les concours sur esquisse et APS évoluent plutôt à la hausse comme leur expertise, sauf dans le Var, toujours régionaliste. Les marchés de définition sont pertinents, mais inquiétants, s'accommodent mal de l'accommodation au point de lisser toute tension.  L'affectivité entre un jury et la maîtrise d'œuvre prend une surface très démagogique.
    Claude Vasconi : Dans un concours, la notion de « meilleur projet » laisse une chance à une version inespérée. Je milite en faveur des concours, mais je hais la « concourite » type « on achève bien les chevaux » qui consiste à faire courir les architectes sans savoir ce qu'on veut.