Copyright : ©Lionel Rault

À la charnière des années 1970 et 1980, alors que fonctionnalisme et style international sont de plus en plus remis en question, le postmodernisme fait son entrée fracassante sur la scène architecturale. Parallèlement, dans le sillage de la voie ouverte par Carlo Scarpa, une autre approche de l’architecture, celle de la transformation, reprend des couleurs avant d’être bientôt célébrée. Sous le coup de problématiques émergentes, comme la désindustrialisation massive, ou encore une patrimonialisation élargie et accélérée du bâti, les formes d’intervention dans ce domaine se multiplient tout en se diversifiant, offrant une infinie variété de solutions architecturales. La part croissante, et bientôt majoritaire, prise par les chantiers dans l’existant, comparée à celle des constructions neuves fera le reste. Ainsi à l’aube du XXIe siècle, cette pratique a pris, chez les architectes, une place tellement considérable qu’aucune agence n’y échappe plus.


Durant les premières décennies évoquées, on commença par parler de « réhabilitation », s’agissant de la mise aux normes, et de rénovation, processus mêlant conservation, démolition et reconstruction, puis apparurent les mots de « réutilisation », pour l’adaptation d’un édifice, et de « reconversion », s’agissant d’un changement complet de programme. Enfin vinrent ceux de « réemploi » et de « recyclage », où dans le premier cas les éléments d’un bâtiment pouvaient être utilisés pour autre chose que leur destination initiale sans perdre leur forme, et dans le second à l’inverse perdre leur forme pour produire un élément nouveau. Aujourd’hui la liste n’en finit pas de s’allonger et le dernier verbe en vogue est sans conteste celui de « réinventer », à l’approche plus globale encore et relevant davantage du récit que de l’architecture ! (...) (...)

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