Fruit d’une crise à la fois politique et économique, devenue religieuse et militaire, la Révolution française réunit toutes les conditions pour être un chapitre majeur mais méconnu d’une approche de l’architecture sous l’angle de la transformation. Là où les historiens ne retiennent généralement que décors éphémères de fêtes révolutionnaires et disparition d’édifices, les architectes peuvent aujourd’hui y découvrir un processus d’une ampleur et d’une rapidité inégalée ayant débouché sur d’innombrables projets répondant à de nouveaux besoins. Dans ce contexte terrible, où l’argent manque et le temps presse, il n’est plus question de construire : récupérer et reconvertir sont les seuls mots d’ordre.
La vague de confiscations révolutionnaires commence par celle des biens du clergé, mis à la disposition de la Nation, dans la nuit du 2 novembre 1789 ; elle se poursuit en mars 1792 par la confiscation des biens de tous les opposants au régime condamnés ou en fuite, notamment les aristocrates ayant émigré à l’étranger, pour s’achever en septembre de la même année par la confiscation des biens de la couronne avec l’abolition de la monarchie. (...) (...)