« Rien n’est permanent, sauf le
changement »
Héraclite, VIe siècle
av. J.-C.
Il n’existe pas d’édifice qui n’ait connu de transformations, ou ne soit
appelé à en connaître au gré du temps et de ses occupants.
Tisser des liens…
Dès
mon premier projet, avec la citadelle
de Belle-Île-en-Mer, j’eus la chance de pouvoir embrasser toutes les
échelles depuis celle du bâtiment jusqu’à celle de la forteresse, de la simple
chambrée d’un casernement à celle d’un paysage tout entier. Au fil des années,
j’appris à découvrir cette citadelle, différente à chaque saison, tout à la
fois unique et multiple, comme une œuvre en soi dont le fil conducteur est le
temps, une œuvre à plusieurs mains, à plusieurs auteurs, en l’occurrence des
ingénieurs militaires : une œuvre ouverte au sens où l’entendait Umberto
Eco.
Chemin faisant, je me suis forgé une autre façon
d’entrer en relation avec un site comme avec un édifice. C’est ce qui m’a
poussé à mener, depuis quelques années, une réflexion plus large autour de ce
vaste sujet, avant de me décider à transmettre aux étudiants de l’ENSA-Paris-Belleville
à travers un cours cette approche parce qu’elle répond aux enjeux d’aujourd’hui
comme à ceux de demain.