Commencée à
l’Académie de France à Rome il y a cinquante ans, l’œuvre de Anne et Patrick
Poirier y est exposée jusqu’au 5 mai 2019. L’intérêt de cet événement tient
notamment au rapport étroit que Rome et la villa Médicis ont joué sur leur
travail au point que l’on pourrait presque imaginer que cette rétrospective
partielle fait partie de l’œuvre elle-même, comme si elle avait été planifiée
depuis l’origine.
Aussi protéiforme soit-elle, l’œuvre d’Anne et Patrick Poirier semble vouée à se jouer de l’inéluctable linéarité du temps. Mais ils ne cherchent pas à remonter le temps, à retrouver la saveur des moments perdus ou à célébrer un passé idéalisé en se complaisant dans une mortifère nostalgie. Si leur travail est intensément traversé par l’idée de la mort, de la fragilité du monde et de sa destruction par les hommes, ce n’est pas pour offrir une(...) (...)