Copyright : ©Adrià Goula

D’abord et toujours utile pour boucher les bouteilles de porto ou de Dom Pérignon, le chêne-liège ( Quercus suber ) constitue un matériau de construction à l’avenir prometteur. Longtemps concurrencé par le plastique, évoquant encore certains intérieurs des années 1970, il fait partie depuis quelques années des matériaux fétiches d’expérimentation pour les architectes et designers du monde entier. Cultivé dans un respect séculaire – en grande partie dans les montados portugais –, « garanti 100 % naturel biosourcé », il revient sur le devant de la scène grâce à ses qualités techniques, tactiles voire olfactives.


Depuis le XVIème  siècle, l’écorce du liège sert essentiellement à la production de bouchons et, encore aujourd’hui, on en produit 26 millions quotidiennement. Mais depuis une soixantaine d’années, les résidus de cette production sont exploités sous différentes formes pour en faire un matériau aux applications inattendues. À tout faire, léger, malléable, le liège peut être découpé, modelé, gravé de motifs complexes à l’aide des actuelles machines CNC. À la fin des années 1930, Wright s’en servait déjà pour habiller intégralement une salle de bains de sa Fallingwater – la rugosité du matériau évoquant les pierres naturelles de la cascade. Au Portugal, là d’où provient une grande partie de la production mondiale, Amorim règne en maître à travers la création de nombreuses filiales. Cette entreprise familiale tentaculaire et quasi institutionnelle y réalise un chiffre d’affaires annuel de 700 millions d’euros.(...) (...)

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