Copyright : ©Sébastien Vallée

Au cœur des champs de mûriers, la start-up Sericyne fondée par la designer Clara Hardy et l’ingénieure agronome Constance Madaule a mis au point une nouvelle matière qui transpose les procédés d’impression 3D dans le monde organique du ver à soie.

Éduqués pendant trente jours, les insectes sont scrupuleusement sélectionnés pour la qualité de leur fil et pour la couleur de leur soie. « L’idée est que si les vers à soie peuvent produire un cocon, pourquoi ne pourraient-ils pas produire directement une forme précise ? » Les chenilles Bombyx mori sont délicatement posées sur des moules et déroulent naturellement 1 km de soie. Les fils entremêlés sont liés grâce à une molécule produite par les vers, la séricine. Ce non tissé 100 % naturel offre des propriétés de brillance et de résistance à la déchirure propre au textile et papier de soie. Ce nouveau matériau peut être ennobli, imprimé, sérigraphié, plissé, brodé, découpé et on peut y inclure des éléments de toutes sortes au moment du filage. L’ambition de ce projet est de pérenniser un circuit court et vertueux autour de la sériciculture. La chenille devient un collègue de travail et le designer un agriculteur. La cadence de production est imposée par le rythme du vivant. Avec ce nouveau mode de production associant agriculture, industrie et technologie, on parle de « bio-fabrication ».

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