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Maîtres d'ouvrages : Goodman 
Maîtres d'oeuvres : A26 Architectures ; Payet BET, conception paysagère et certification environnementale 
Surfaces : 90 000 m2 (80 000 m2 de cellules logistiques et 10 000 m2 de bureaux d’accompagnement et locaux sociaux) ; 17 000 m2 de ferme urbaine en toiture dont 7 000 m2 de serres agricoles ; 11 000 m2 de panneaux solaires
Coût : 150 millions d’euros HT
Date de livraison : fin 2025

Le projet Green Dock, situé en bord de Seine dans le port de Gennevilliers, est un modèle d’entrepôt logistique hors normes aujourd’hui en France. Sa construction de plusieurs étages, autonome au plan énergétique, intègre une ferme urbaine en toiture et promeut le transport par voie d’eau jusqu’à Paris. Développé par le groupe australien Goodman et les architectes de A26, il fait suite à l’appel à projets initié par Haropa port1 et remporté en 2021.



Par le choix de la procédure – un appel d’offres durant une année réunissant onze groupements d’investisseurs­-déve­loppeurs et architectes –, par les compé­tences mobilisées – une quarantaine de personnes pour la seule équipe Good­ man dont les probables utilisateurs des lieux – et les moyens financiers engagés dans les études, Green Dock est un projet hors catégories dans le monde de la logis­ tique. Malgré un nom relevant clairement du « greenwashing », ses caractéristiques architecturales, environnementales et pro­grammatiques devraient en faire un mo­dèle d’entrepôt réellement innovant dans son fonctionnement et dans l’attention portée au territoire. 

Parmi ses singularités, la typologie à étages favorisée par le PLU (il autorise une hau­teur de bâti de 30 mètres dans le port). Le bâtiment s’élève sur quatre niveaux, tous accessibles par camion, même la toiture aménagée en ferme urbaine. Quatre-­vingt­ dix mille mètres carrés construits sur un terrain de 6 hectares, une telle densité va dans le sens de la sobriété foncière désor­mais recherchée. De manière plus pragma­tique, cette densité est aussi une manière de rentabiliser l’opération dans laquelle l’Australien Goodman investit 150 millions d’euros. L’efficacité économique du modèle à étages autorise ainsi d’aller plus loin dans l’exploration architecturale et programma­tique selon les architectes de A26. Sur ce site classé ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement), les possi­bilités de mixité d’usages étaient cependant limitées. Impossible d’accueillir en toiture un ERP (établissement recevant du public) bien que la surface et le panorama sur la Seine s’y prêtent. C’est donc une ferme ur­baine qui se déploiera sur 1,7 hectare, cette cinquième façade étant visible depuis les habitations d’Argenteuil et d’Épinay­-sur­-Seine qui la surplombent sur l’autre rive. La possibilité d’investir la toiture de ces immenses entrepôts logistiques constitue un nouvel enjeu, selon l’opérateur. Déjà présente au sommet de l’hôtel logistique de Chapelle International à Paris, la société Cultivate qui gérera la ferme garantit un rendement de produits maraîchers de 3 000 à 3 650 tonnes annuelles, soit l’équivalent de 15 hectares en pleine terre, selon des méthodes manuelles garanties zéro pesti­cide. Le transport fluvial est aussi à l’étude pour la distribution des récoltes, Goodman s’étant engagé sur un volume croissant de logistique fluviale auprès de Haropa Port. Elles pourront être acheminées sans rup­ture de charge, en camionnettes, de la toi­ture jusqu’à la barge amarrée au pied du bâtiment d’où elles partiront pour Paris. Selon la granulométrie des produits, la barge pourra accueillir aussi des flottes de vélos cargos ou des caisses mobiles. 

L’ambition de Goodman est de dépasser le stade d’expérimentation actuelle pour la distribution fluviale avale et d’en faire un modèle économiquement viable. 

 

S’adapter aux crues 

L’appontement et les rampes d’accès ont été étudiés selon les critères de l’architec­ture navale pour s’adapter aux variations du lit de la Seine et à ses crues, le report modal du fleuve à la route étant envisagé une dizaine de jours seulement par an. La parcelle est soumise à la double réglemen­tation des plans de prévention des risques technologiques (des cuves de stockage d’hydrocarbures sont à proximité) et des risques inondations. Le parking en sous­ sol est conçu comme un volume d’expan­sion supplémentaire en cas de crue. Les marchandises arriveront depuis la route par des rampes placées aux extrémités de Green Dock – et à sens unique – avant de repartir par voie d’eau. Dans les étages, les espaces de travail seront positionnés côté Seine et bénéficieront de terrasses mutua­lisées, d’espaces de restauration, de salles de pause, etc. Un confort inédit pour ce type de lieux. Les façades de ce vaisseau long de 650 mètres seront unifiées par une résille de métal perforé en double peau. Sur le plan énergétique, un panel de solu­tions a été retenu pour rendre le bâtiment autonome (panneaux photovoltaïques, géothermie, échangeur calorifique avec la Seine pour chauffer et refroidir le bâti­ment). Même la mutabilité du bâtiment s’est invitée dans la réflexion, la trame autorisant un changement d’usage pos­sible.