Copyright : ©Gilles Bretin

Maîtres d'ouvrages : RIVP
Maîtres d'oeuvres : Charles-Henri Tachon architecte mandataire, avec Claire Fuchs (phase chantier) et Benjamin Cros (concours, études) ; BET tous corps d’état et OPC : Sibat ; SPS : BECS

Entreprises : AMT
Surface SHON : 2 566 m2 (résidence), 347 m2 (CFA), 223 m2 (Restos du cœur)
Cout : le bâtiment, 8 405 000 euros HT ; le mobilier, 227 686 euros HT
Date de livraison : 2012, concours ; janvier 2019, livraison

Deux projets de logements récemment livrés à Paris par Charles-Henri Tachon nous invitent à en regarder attentivement les dessins : en plans comme en façade, ils investissent le travail géométrique comme la matrice première de toute architecture de l’habitation.


Au sud de Paris, la rue Julia-Bartet (ancienne rue de Vanves) était jadis une des principales voies à relier la plaine de Vaugirard au plateau de Vanves. À la fin du XIXe siècle, les rails de la gare Montparnasse virent la couper en tangente, à l’emplacement même de la nouvelle limite communale entre Paris et Malakoff. Ne resta plus dès lors de sa rive nord qu’une longue bande de trottoir en triangle adossée au talus ferroviaire et durablement assignée à une situation de confins : au bord des voies, au bout de Paris, au bord du boulevard périphérique, au bord des mondes.

Au début des années 2010, la ville de Paris décide de lotir ce délaissé et de confier son aménagement à la RIVP, qui y relocalisera un programme à vocation sociale : centre de distribution des Restos du cœur, résidence sociale et équipements pédagogiques pour jeunes apprentis.

La configuration très particulière de la parcelle procure à Charles-Henri Tachon l’occasion d’affirmer dès le concours une démarche déjà amorcée dans plusieurs de ses projets précédents (logements rue du Nord à Paris, collège François-Pompon à Saulieu) : tabler sur leur autonomie formelle et leur raison structurelle pour mieux ancrer ses projets dans leurs paysages. Ici, le bâtiment pourra selon lui tirer bénéfice de sa position au bord des voies et au croisement des mondes. Il s’agira donc de le doter d’une certaine aura métropolitaine en autonomisant sa forme de celle de son terrain, tout en captant à l’intérieur, et au moyen d’un exigeant travail géométrique, toutes les qualités de son contexte proche ou lointain. (...) (...)

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