Maîtres d'ouvrages : Intérieur : Cœur d’Essonne Agglomération ; MO délégué, Sorgem – Maître d’ouvrage structure et clos couvert : Kaufman & Broad (MO Logements et clos couvert Médiathèque), cession de la « coque » – médiathèque en VEFA à Cœur d’Essonne Agglomération
Maîtres d'oeuvres : Atelier Obras + Aude Mermier architecte (VAAM) : responsables Obras : Jenny Reuillard, suivi du chantier pour K&B ; Alexandre Dubure, suivi du chantier pour la Sorgem
Entreprises : Jardin : Horizons Paysage (Jérôme Mazas paysagiste concepteur) – BET : Axio, économie de la construction ; Tribu Énergie, thermique ; EVP, structure ; WOR, fluides ; ICON, mise en lumière ; AGNA, acoustique – Entreprises lots aménagement intérieur : Rougeot Art des bois
Cout : 3,7 millions d’euros HT (dont 2 millions d’euros d’aménagement)
Date de livraison : octobre 2018
La médiathèque
Marguerite-Duras est un équipement public intégré à une opération de 104
logements à Brétigny-sur-orge, dans l’Essonne. Cet édifice mixte conçu par
l’atelier obras s’inscrit dans le projet d’aménagement urbain mené par l’agence
germe & JaM pour renouveler le secteur industriel obsolète situé au nord de
la gare. il est constitué par un immeuble de six niveaux dont la figure en l
définit les fronts de rue. la façade nord, qui borde la place de la gare, se
décale légèrement de biais par rapport à la géométrie de l’espace public pour
l’ouvrir sur un parc qui descend en pente douce vers les berges de l’orge.
La médiathèque s’inscrit dans l’angle sud-ouest de la
parcelle, sous les logements. Elle marque sa présence publique par un
mur-rideau sur deux niveaux, qui contraste avec l’austère maçonnerie de brique
de l’immeuble d’habitation. Ses espaces accessibles au public se situent au
niveau du sol, dans la profondeur de la parcelle, pour bénéficier de la
tranquillité du jardin de cœur d’îlot. Tandis que l’histoire des bibliothèques
est traditionnellement marquée par des dispositifs architecturaux qui engagent
des formes fortes et autonomes, d’Asplund à Stockholm à Kahn à Exeter pour ne
citer qu’eux, l’atelier Obras offre ici un édifice dont la volumétrie ne semble
être guidée que par une suite d’adaptations au contexte. Le plan s’adapte à la
géométrie irrégulière de la parcelle, pour se développer dans le jardin selon
une ligne brisée. La volumétrie s’inscrit d’abord sous l’immeuble de logements
puis s’affine dans le jardin pour respecter les prospects imposés par le tissu
pavillonnaire qui jouxte la parcelle au sud. Pourtant, cette médiathèque
possède, malgré sa géométrie bizarre, une grande unité spatiale aux accents
aaltiens. Elle se compose d’une nef centrale constituée des trois plis induits
par la figure en Z, couvert d’une grande charpente de bois, dense et lumineuse.
Un patio de forme elliptique ponctue cet espace, l’éclaire et l’organise au
droit de sa seconde inflexion. Autour ce grand atrium central qui accueille
principalement les rayonnages, une couronne épaisse, plus basse de plafond,
ménage une série de lieux intimes favorables à la lecture, ouverts sur le
jardin de cœur d’îlot.
Cette organisation spatiale est soutenue par une réflexion
sur la construction qui distingue trois registres tectoniques : celui du béton,
massif, assoit l’édifice dans son site et forme socle ; celui de la charpente
en bois fabrique un grand toit unitaire, dense et strié, éclairé par des
impostes vitrées dans les intervalles entre les poutres ; celui de la
menuiserie enfin, dont les panneaux de bouleau blanc habillent les alcôves de
la couronne périphérique et apportent finesse et douceur aux surfaces en
contact avec les utilisateurs. Ce projet peut être interprété comme une leçon
d’architecture, à toutes les échelles. Il nous parle de la fabrique de la ville
jusqu’à l’ergonomie de la place de lecture, tout en instituant un rapport
sensible au sol et au ciel. Il offre aux usagers un lieu unitaire dont les
usages différenciés accueillent les multiples modalités contemporaines d’une
médiathèque. À l’heure du tout numérique et de l’accès à toute forme de
connaissance depuis chez soi, il formule une réponse attractive et
bienveillante au « désir irrépressible d’être ensemble », que Rem Koolhaas
considérait comme l’ultime fonction des lieux du savoir.





