Maîtres d'ouvrages : Nantes Métropole Habitat
Aménageur : Nantes Aménagement
Maîtrise d’oeuvre : Bourbouze & Graindorge (architectes)
Paysagiste : Bertrand Paulet
BET : CMB, AIA, INEX
Entreprises : Blanloeil (VRD, terrassements) ; CGR (gros oeuvre) ; SMAC (étanchéité) ; DRAAtlantique (parement briques) ; Charrier Bois (menuiseries extérieures aluminium) ; Atlantique Paysages (espaces verts)
Surface : 4 230 m2 SP
Coût : 6,5 millions d’euros HT
Date de livraison : 2016
Dans le
quartier Bottière-Chénaie, Gricha Bourbouze et Cécile Graindorge ont pris
à bras-le-corps les formes urbaines préconisées sur leur parcelle
afin d’en exalter les qualités intrinsèques. Oscillant entre densité et
intimité, cette opération de logements sociaux se distingue par la
justesse des proportions et des relations qu’elle installe dans le site.
Le terrain confié à Gricha Bourbouze et Cécile Graindorge se situe à l’extrémité est de la partie sud du quartier Bottière-Chénaie, à vocation exclusivement résidentielle. Fidèle à ses habitudes, Jean-Pierre Pranlas- Descours a émis sur cette parcelle comme sur les autres des intentions urbaines très claires , à savoir la réalisation de deux emprises autonomes au sein d’un parc paysager qui caractérise ce secteur sud. « Un des enjeux, explique Gricha Bourbouze, était de faire exister dans notre projet cette idée assez belle d’un paysage continu, mais aussi de trouver une typologie suburbaine appropriée. Nous avons privilégié une organisation extrêmement compacte de manière à libérer entre les bâtiments des espaces de dimension suffisante pour continuer à percevoir cette idée de continuité végétale. » Sur chacune des deux emprises, les logements s’installent sur un plateau surélevé à 1,50 m sous lequel se glisse un parking éclairé naturellement. Accessible, que l’on soit habitant ou non, une venelle intérieure plantée distribue les différents logements tout en prolongeant les réseaux de circulations douces irriguant l’îlot. Organisés en strates de part et d’autre de cette venelle, les bâtiments étagés sur trois niveaux forment un profil « en vallée » adapté à l’échelle du piéton. « La difficulté était d’être le plus dense possible tout en trouvant le juste espace entre les bâtiments », poursuit l’architecte. Au fil des étages décroît ainsi la compacité. Des espaces extérieurs généreux sont dégagés à chaque niveau dans le prolongement de la pièce principale, espaces disposant d’une vue sur le ciel et d’une intimité préservée, « une question cruciale quand on parle de densité ». Ce gradinage des bâtiments se prolonge dans le traitement des clôtures : cloisons béton hautes de 1,80 m au rez-dechaussée, garde-corps pleins dans les étages courants et en serrurerie au dernier niveau.
Liberté
typologique
« Nous avons cherché à
renforcer la préconisation initiale de Jean-Pierre Pranlas-Descours en
jouant sur la densification et l’organisation interne de chaque emprise. Nous
avons moins cherché à créer des formes, puisqu’elles préexistaient, qu’à donner
du sens à ces formes. » Les deux emprises ont des géométries différentes mais
sont organisées de la même manière : deux bâtiments peignes qui forment
une équerre au nord/est et un bâtiment patio en coeur d’îlot. « Il y
a un rapport très fort, quasi organique, entre la forme du bâtiment et
la manière dont il est organisé. C’est ce que nous recherchons quand on
fait du logement. » Entre habitat collectif et individuel, l’échelle
est celle de l’intermédiaire avec majoritairement des grands logements. Les
logements PMR, plus contraints, sont situés au rez-de-chaussée. Les
architectes ont ainsi profité d’une plus grande liberté typologique dans
les étages. L’usage des duplex est systématisé au dernier niveau, les
cages d’escalier ne desservant que le niveau bas des appartements : «
Les ascenseurs normalisent les typologies de logements. Dans un contexte
budget/surface classique, la seule manière d’innover en termes d’organisation spatiale,
c’est de s’abstenir d’ascenseur. » La présence des créneaux devient idéale pour
recevoir ces duplex, chaque créneau correspondant à la pièce de vie d’un
T4. Dans cette opération, le fait d’avoir essentiellement de grands
logements fut ici vécu comme un atout pour les architectes, l’intermédiaire
étant peu compatible avec les petites surfaces. Ainsi, on ne trouve jamais
plus de deux appartements par palier, encore moins de grands couloirs ou de
parties communes surdimensionnées.
Traitement
monomatière
En contrepoint d’une
certaine complexité des formes bâties héritées du plan-masse général,
les architectes ont choisi de n’utiliser qu’un seul matériau, renforçant
ainsi l’aspect monolithique recherché. Les bâtiments reposent sur un
système constructif économique de briques monomur avec doublage
intérieur. L’ensemble des façades est revêtu de briquettes moulées main de deux
couleurs différentes. Les architectes n’ont pas imposé un calepinage précis, seulement
des pourcentages teinte claire/ teinte foncée à respecter sur chaque
bâtiment. Les angles sont traités par des modules spécifiques tandis
que les embrasures des fenêtres sont habillées d’une tôle d’aluminium
anodisée. Inscrites dans un système régulier de travées, les ouvertures s’adaptent
néanmoins à la nature des pièces : nu intérieur, nu extérieur, largeurs variables.
« Les fenêtres contribuent à complexifier la lecture du projet tout en restant
dans une perception globalement unitaire grâce à cette brique qui habille l’ensemble.
» La minéralité se prolonge par l’utilisation de couvertines en ciment. Enfin,
le travail des toitures, visibles depuis les bâtiments voisins plus hauts,
a fait l’objet d’un soin particulier. Un dispositif de VMC inversée a
permis de libérer ces cinquièmes façades. « Un système plus coûteux
mais qui nous semblait essentiel ici », précise Gricha Bourbouze. Recouvertes
pas du ballast (également présent dans les espaces publics de
Bottière-Chénaie), elles sont ainsi parfaitement lisses et exemptes
de garde-corps de sécurité puisque non accessibles.



